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Travailler au
Japon - un parcours initiatique
par R.K. |
Si
vous avez l'occasion de travailler au Japon ou simplement y effectuer
un stage en entreprise, vous vous poserez sûrement des interrogations
(somme toute fondées) sur la vie en entreprise. Oui, vous
l'avez compris, c'est bien du travail en entreprise dont je vais
vous parler ici, qui est (là aussi, vous l'avez deviné)
constitué de bien des rites et autres conventions qui n'ont
rien à voir avec ceux présentés dans "Soleil
Levant" (qui est un très bon film ceci dit).
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à signaler
que toutes les informations que je vais vous révéler
ici sont basées sur mes propres expériences et donc
sont susceptibles de (vraiment) diverger d'une personne à
une autre. Aussi, tirez partie du meilleur de ce qui suit et si
vous en avez l'occasion, vous vous ferez une opinion par vous-même
qui sera somme toute beaucoup plus enrichissante (j'en suis sûr)
que le récit que j'en fais ici. Maintenant que je me suis
bien déchiré à me justifier, je vous invite
à suivre mes premiers pas dans le monde quelque peu obscur
qu'est le business au Japon.
Le premier jour de mon premier travail au Japon
avait plutôt mal commencé et pour cause. Après
12 heures de vol (nuit blanche obligée), j'étais arrivé
à 8 heures et demie du matin (heure locale) à Narita.
Autant le dire tout de suite, j'avais connu de bien meilleurs jours.
À 11 heures, ayant suivi à la lettre les indications (très,
très) claires de la personne des relations humaines, j'arrivais
tant bien que mal au dortoir où je me voyais déjà
comaté dans le lit (futon, mais je ne le savais pas encore)
quinze heures d'affilée. Erreur de ma part, à peine
avais-je déposé mes affaires qu'un taxi m'attendait
pour m'emmener au centre de recherche. Le ton étant donné,
je m'attendais au pire pour l'année qui allait suivre.
Les
présentations
11 heures 30 Le taxi
arrivé et les quelques formalités administratives
réglées, je me rendais à "l'office"
où
j'allais rencontrer les personnes avec qui j'allais partager
mes douces journées un an durant. Première impression,
elles étaient bien loin les superbes O.L. (secrétaires,
en fait) auxquelles je rêvais encore dans l'avion (il
y a même pas 3 heures de cela) mais passons.
Ma première déception oubliée, j'ai dû
m'essayer à un exercice de style où je n'étais
pas vraiment à l'aise: les présentations en
japonais. La présentation en anglais ne me posait aucun problème, par contre, je me
suis rendu compte que seulement la moitié de mon auditoire
avait percuté. (1ère remarque: la proportion des japonais
polyglottes est très faible, pour autant que j'ai vu
en tous cas). C'est là que j'improvisais une pseudo présentation
en japonais; avec du recul, je crois que j'ai été
assez ridicule mais c'est l'intention qui compte. Après
bien des efforts, j'avais réussi à conquérir
l'autre moitié de mon auditoire, même qu'ils
applaudissaient en s'exclamant : (2ème remarque: du point
de vue d' un japonais, j'ai l'impression qu'un gaijin parlant
japonais, ne serait ce qu'un peu, ce n'est pas du domaine
du réel). A partir de là, je me suis
dit que pour profiter un maximum de l'année qui allait
suivre, l'apprentissage du japonais était primordial.
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La
routine quotidienne
Les premières semaines passées, je me sentais (plus ou moins)
à l'aise au niveau de l'entreprise. En fait, une personne
supérieure hiérarchiquement m'avait été
désignée entre-temps pour "m'aider ",
non seulement au niveau du travail mais aussi dans la vie
de tous les jours. Oui, vous l'avez compris, cette personne
s'appelle un "senpai" ( comme la relation de Sean Connery vis-à-vis
de Snipes). Personnellement,
mon senpai était un supérieur direct, avec qui
j'étais en très bon terme même si on divergeait
sur certains points de vue mais qui ne revêtaient pas
plus d'importance que cela (lui, il était plutôt
Class E break tandis que moi plutôt SL600). Il nous
arrivait après le travail d'aller boire des bières
ensemble au centre-ville. C'est à ces moments que je
le trouvais somme toute un peu plus loquace que sur le lieu
de travail. J'ai appris par la suite que ce genre de rencontres
entre collègues de bureau après le travail ( ) était assez répandu dans les années de prospérité, mais suite aux différentes vagues
de récession économique, les collègues
de bureau fréquentant les bars se sont raréfiés.
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Le travail en lui-même s'avérait
assez peu "challenging". Mes journées étaient
composées de pas moins de deux activités: expériences
à mener et rapports à réaliser (quelque
fois c'était l'inverse). Chaque jour, j'avais droit
au traditionnel briefing qui durait deux heures (alors que
cela aurait pu être liquidé en cinq minutes,
pour de vrai). Ainsi, je me retrouvais avec un travail effectif
de cinq heures par jour (3ème
remarque: une grosse claque aux idées reçues
ici, les japonais travaillent longtemps, je vous l'accorde
mais pas de manière hardcore, c'est d'ailleurs pour
cela qu'ils quittent leur lieu de travail à 21h.) et deux heures de temps libre que j'optimisais
à préparer les week-ends (hé oui). Cependant,
je vous avouerais qu'il y a bien des jours où j'éprouvais
un certain remord à toucher un salaire aussi significatif
par rapport au travail que je fournissais à cette époque, je pensais donc bien faire en continuant
sur des expériences complétant celles demandées
dans un premier temps par mon supérieur. Oui mais voilà,
les choses étant ce qu'elles sont, ce que l'on appellerait
"esprit d'initiative" en France se révèle
être quelque chose comme un "outrepassement de
ses fonctions" au Japon (d'accord, je vous l'accorde,
j'exagère, mais à peine). Dès lors et
ayant compris ceci, je m'abstenais de faire du zèle
de côté-là surtout en considérant
qu'à 22 ans, l'espoir de bénéficier de
l'avancement à l'ancienneté était des plus improbables.
À ce compte là, vous pourriez me demander et
à juste titre pourquoi je ne rentrais pas plus tôt.
La réponse en est bien simple: au Japon, on se doit
de rester jusqu'à la fin de l'horaire légal,
même si il n'y a rien à faire (de quoi se taper
la tête contre les murs), pour ma part c'était
à 6 heures du soir, quelque peu lobotomisé après
avoir passé plus de deux heures sur le net. |
Les relations avec les collègues, c'était
le jour et la nuit, selon que je les abordais sur le lieu
du travail ou bien à l'extérieur.
Dans le premier cas, cela revenait tout simplement à
parler à un mur, à peu de choses près,
le travail étant la priorité sur toute autre
chose.
À l'extérieur, c'était bien différent,
j'essayais vraiment de lier des relations d'amitié
mais trouver des activités en commun relevait de l'impossible.
Finalement, on s'était accordé
à sortir dans des bunny bars et autre Bud girls
bars (oui, ce sont bien des bars à hôtesses,
le 2ème étant meilleur que le 1er
entre nous). Ces bars se révèlent être
hors de prix, par exemple une heure à discuter de futilités
avec des "bunnies" revenait à 10 000
yens (attention, tout est en japonais, c'est le piège). Cependant il
s'avérait que je n'avais à chaque fois rien
à payer (4ème
remarque: (l'une des plus intéressantes peut-être)
parmi les convives, c'est celui qui a la position la plus
importante qui régale et pour certaines raisons, ce
n'était pas moi).
Bref, les journées,
les semaines, les mois passaient, pareils à eux-mêmes.
La seule consolation étant qu'à cette époque,
mon niveau de japonais me permettait de tenir des discussions
des plus intéressantes avec les hôtesses de l'entreprise,
une grande satisfaction personnelle ceci dit, mais là
je m'égare. Puis vint un jour où je reçus
un appel sur mon portable à 11 heures du soir de la
part de mon superviseur, c'est alors que ma vision sur l'entreprise
nipponne changea radicalement pour apparaître sous un
autre jour. |
Les
voyages d'affaire - un véritable état d'esprit
Mon "senpai"
m'annonçait qu'il allait effectuer un voyage d'affaire
au centre d'affaire de Tokyo (Chiyoda), pour présenter
mes travaux de recherche à la maison mère. Il
me proposait donc de l'accompagner. Bien sûr, j'ai accepté
sans hésitation. Plus par curiosité que par
l'envie réel de faire part de mes recherches. Au fur et à mesure que la nuit passait,
je me demandais bien ce qui le motivais à m'emmener, surtout que la présentation serait
en japonais uniquement (et donc quasi incompréhensible).
Le matin, je me rendais comme d'habitude au travail. Cependant sur mon
bureau étaient posés des cartes de visites à
mon nom, une note de service ainsi que des billets
de train prépayés. C'est bien dans ces moments
que l'on pense à ces amis de promo, qui sont restés
en France, enfermés dans des laboratoires de recherche.
Cette idée rapidement dissipée, j'enfilais promptement
le costard que j'avais acheté dans un
certain magasin d'Omote Sando (sortie B5 en descendant
l'avenue sur la gauche pour ceux qui connaissent). Après
avoir assisté au traditionnel briefing matinal (oui,
celui de deux heures), nous nous retrouvions trois à
partir: mon superviseur, un collègue et moi-même.
Les consignes étaient simples, on m'avait affecté
un nouveau statut, j'étais passé d'ingénieur
la veille de ce fameux jour, à ingénieur post-doc.,
afin de paraître (plus) crédible auprès
des interlocuteurs. Arrivés dans la place, un immense
immeuble de 60 étages (plus ou moins 20 étages),
nous nous sommes présentés à la réception.
Les hôtesses ont mal commencé. En effet elles
pensaient que mon superviseur n'était autre que mon
traducteur dans les négociations qui allaient suivre.
Le malentendu dissipé, nous nous retrouvions en face
des personnes responsables du budget de recherche, c'est là
où tout se jouait. |
Tout d'abord, l'échange
des "meishi". Il s'agit de donner sa carte de visite d'une
certaine façon, avec les deux mains. La carte de
visite doit porter une face rédigée en japonais,
l'autre face en anglais, dénotant ainsi le caractère
international de la personne. |
Une fois la carte
de votre interlocuteur reçue, il s'agit de la lire
attentivement, chose qu'il fera de même pour votre
carte. Même si tout est en japonais, il s'agit de
se forcer à lire, montrant ainsi une certaine marque
de respect vis-à-vis de votre interlocuteur. Une
fois ceci effectué, il vous suffit de dire " " en vous courbant à la "Japanese
way". Facile, n'est-ce-pas
? |
L'échange
étant fini, viennent les présentations à
proprement parler. L'ordre de passage de chaque intervenant
étant fonction de la position de la personne dans
la hiérarchie (la première personne se présentant
étant la plus importante). Là, je m'étais
quelque peu amélioré par rapport à
la toute première présentation effectuée
le premier jour. |
Vient ensuite la
présentation de l'ordre du jour et les discussions
interminables des heures durant.
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Je vous laisse imaginer la situation. Quatre
heures non-stop assis à une table de réunion à
voir défiler une infinité de diagrammes et autres
graphiques, généralement accompagnés de commentaires
incompréhensibles (oui, du fait de la langue). Prenant mon
mal en patience, j'observais avec attention les différentes
personnes qui assistaient à la réunion, et selon les
gestes de chaque intervenant par rapport à une certaine situation,
j'essayais tant bien que mal de deviner grossièrement ce
qu'ils voulaient bien signifier.
En regardant l'image ci-dessous, à vous d'essayer de deviner
la pensée correspondante à chaque geste dessiné.
D'accord j'ai eu quatre heures pour étudier la chose, mais
sûr que vous pouvez faire mieux. Les premiers sont faciles,
les suivants un peu plus durs.
Les réponses seront publiées dans
la prochaine mise à jour, promis! |
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| A. Venez
ici, s'il vous plaît ! |
| B. Non,
ce n'est pas possible. |
| C. Moi
?! |
| D. Partez
! |
| E. OK!! |
| F. Je
suis gêné. |
| G. Non
!! |
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La réunion touchant à sa fin (et
mes premiers pas dans l'analyse du comportement nippon effectué),
toutes les personnes présentes s'étaient accordées
à poursuivre les
pourparlers autours d'un dîner. Pas le choix, j'ai suivi
jusqu'à un restaurant du quartier de Chiyoda.
Mes premières impressions étaient quelque peu mitigées,
lorsque j'ai pénétré dans une pièce
privée, à l'écart du reste du restaurant
(estampes japonaises, table basse où il faut s'agenouiller,
pas de doute c'était bien un resto d'affaire nippon). Chaque
personne s'attablait, là encore, dans un ordre bien précis:
d'un côté de la table, les personnes de la maison
mère, de l'autre, nous trois, je me serais cru à
un véritable conseil de guerre, tellement la situation
me paraissait irréelle. Arrivèrent ensuite les hôtesses
(serveuses, pas de mauvaises pensées), pour nous servir
le traditionnel saké ainsi que les divers mets raffinés
et hors de prix bien sûr. Je crois que je me souviendrai
toujours leurs regards s'illuminer quand elles ont posé
leurs regards sur moi, à croire que c'était la première
fois qu'elles voyaient un gaijin de
leur vie. Pendant ce temps là, ils avaient remis les négociations,
mais j'étais quelque peu absent, l'alcool aidant somme
toute. (5ème
remarque: apparemment, il est assez mal vu de se servir soi même,
c'est à la personne en face de vous de remplir votre verre).
Pour certaines raisons, je n'avais pas encore compris
le sens profond de la 5ème remarque, je pensais
que la personne en face de moi souhaitait me tester. Résultats:
à la fin de la soirée, il n'y eut point de gagnant
mais bien deux perdants, j'étais cependant capable de me
tenir debout alors que le japonais en face...
Le repas tirant à sa fin, nous nous sommes rendus (avec beaucoup
de mal) dans un business hôtel, dans la mesure où
les trains ne circulaient plus à cette heure si avancée
(voir les "chroniques" précédentes).
A partir de là, les souvenirs se bousculent. Cependant
je me souviens bien que c'était la première fois
en trois mois que je m'octroyais un sommeil compensateur dans
un (vrai) lit. Avant de dormir, j'avais allumé la TV un
peu par hasard, et parmi les chaînes habituels, j'étais
tombé sur ce que l'on appellera la "special channel", chose qui me paraissait quelque peu
bizarre dans un pays aussi droit question moralité. Le
lendemain, j'en avais avisé mon superviseur qui faisait
semblant de ne rien comprendre. Il m'a avoué trois mois
plus tard que l'on avait regardé la même émission.
Le lendemain, le retour fut quelque peu difficile, dans
la mesure où après 3 heures de train, je devais
me rendre directement à l'entreprise pour le débriefing.
J'avais rempli ma première note de service de ma
vie, et en fait, j'étais agréablement surpris de
voir la journée et la nuit passées à l'extérieur
de l'entreprise créditées de près d'une semaine
de salaire, que du bonus donc. Par la suite, ce genre de déplacement
se faisait plus fréquent au fur et à mesure que
j'avançais dans mes recherches, une réelle motivation.
Non seulement les voyages d'affaire me permettaient de rompre
avec la routine journalière, mais ils m'ont permis de même
de rencontrer des gens hauts placés et qui se sont avérés
fort utiles par la
suite.
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Conclusion
Voilà dans les grandes lignes ce que
j'ai été amené à vivre dans une entreprise
nippone pendant une durée d'un an. Vrai que je dois avouer
que quelques fois, les circonstances étaient assez critiques
(résultats à atteindre, présentation à
effectuer à l'arrache, etc.). Mais de mon premier stage au
Japon, j' ai de bons
souvenirs et pour preuve, j'ai gardé contact avec la plupart
des personnes avec qui j'ai travaillé. Pas plus tard qu'il
y a un mois, j'ai dîné avec mon superviseur en Suisse
alors qu'il était en voyage d'affaire en Europe. Des heures
durant à se remémorer des moments (bons et mauvais)
que l'on a partagé ensemble au Japon, je vous laisse imaginer
les souvenirs que cela fait.
Je finirais par ceci: je souhaite aux personnes (qui ont réussi
à lire jusqu'ici) et qui sont vraiment intéressées
par le Japon de manière générale, de franchir
le pas décisif si d'aventure l'occasion se présente
("mangak" s'abstenir). Ainsi, celles-ci pourront vraiment
se faire une idée concrète de ce que j'ai écrit
ci-dessus. Pour sûr, j'ai remarqué que le Japon ne
laisse personne indifférent, certaines aiment, d'autres pas
du tout. Pour ma part, je vous laisse imaginer où je me situe. |
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Joyeux Noël et Bonne Année
à tous les lecteurs 
|
Raphaël ^o^
PS:
I would like to thank
first of all "Business Spotlight"
magazine for authorising the
publication of some of their
documents, then Ms Dupac
for her relevant help and
finally Ms. Ducroquetz C. for her outstanding patience.
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MISE EN GARDE:
Le sujet présenté ci-dessous peut être considéré comme
choquant par certaines personnes. Il est de plus assaisonné d'une
petite dose d'ironie. Si vous êtes dépourvu de ce mystérieux
sens appelé "le second degré" ne lisez pas plus
bas (^=^).
On entend et on lit souvent que
les salariés japonais restent tard au bureau et vont ensuite
boire plus que de mesure avant de rentrer en titubant chez eux.
Peut-être que pris d'une envie de vous saoûler sauvagement
(ou simplement de boire une bière) vous vous demanderez,
où aller boire? En plus des restaurants et bars habituels,
il existe d'autres établissements spécifiques au Japon
(même si on les retrouve dans le monde entier sous des formes
et avec des noms différents). Voici donc comment s'y repérer
un peu mieux.
Tout à été pris dans un petit magazine gratuit
distribué gartuitement à TOUS les ménages dans
ma région. Ce n'est donc nullement issu d'un magazine "pour
hommes" ou autre publicité collée sur cabine
téléphonique. Même si la frontière entre
"hospitalité" et "prostitution" peut être
floue, ça reste en général de bon aloi. Beaucoup
de personnes travaillant dans le "mizu-shôbai"
(littéralement "commerce de l'eau", en clair:
bars, boîtes de nuit, clubs, etc.) ne s'en vantent pas. Ce
n'est cependant pas une tare et on peut très bien passer
de çà à autre chose. Les étudiantes font parfois
ce genre de boulot (c'est bien payé et ce n'est pas aux
mêmes heures que les cours). Les mots en rouge sont expliqués
en bas.
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Snacks
Non, ce ne sont pas des
petits morceaux de machins frits à manger en attendant
que le film commence. C'est le nom que portent des sortes
de bar. On peut certes y manger, mais c'est rarement gastronomique.
Le but est surtout d'y boire tout en devisant avec le sympathique
personnel, composé au moins de "la patronne",
peut-être de quelques jeunes (plus ou moins, ça
dépend du standing du snack)
femmes au service.
Les quatre personnes sur la photo font partie du personnel
du snack "Carole" (je salue toutes les Caroles au
passage, même s'il s'agit peut-être d'anglais ici,
le nom étant écrit en katakana impossible de savoir).
L'annonce du "snack" peut se traduire comme suit:
"Carol (?)" est "l'oasis du quartier".
Ceux qui ne sont encore des débutants dans l'art de
s'amuser venez essayer notre bar. Ambiance et personnel décontracté.
Venez passer les froides soirées d'hiver ici.
Set (de quoi ??) 3'000 yens
Bottle keep
- dès 3'000 yens |
Lounge
C'est la catégorie
au-dessus du snack. Ça se reconnaît au niveau
des prix principalement.
L'annonce du "lounge" ci-contre dit ceci:
"Elles sont mignonnes! Cette année c'est décidé.
Les soirées se passent au CLUB TIARA.
Comme à la maison au CLUB TIARA, servi par de mignonnes
jeunes femmes. L'art de boire c'est au CLUB TIARA. Les mignonnes
jeunes femmes vous parleront volontiers "man-to-man".
Si on vient une fois, on ne peut plus s'en passer!
45 minutes "boissons à volonté" dès
2'800 yens (whisky, brandy, sake, bière)
Set (de quoi ??) dès 3'800 yens - Bottle keep
dès 5'000 yens
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Hassle pub
Dernière catégorie
présentée ici et nettement la plus "hot".
On connaît la fascination de certains hommes pour les
uniformes. Voici donc le "nurse center":
"Nos sémillantes infirmières viendront
vous faire un petit contrôle toutes les 20 minutes! Vous
avez travaillé dur toute l'année? Venez vous relaxer
ici. Le prix comprend les boissons à volonté,
pas de pourboires! Et pour ceux qui n'arrivent vraiment pas
à se reposer il y a des hospitalisations de longue durée.
Système d'hospitalisation:
Dès huit heures (30 minutes): 3'000 yens
Dès huit heures et demie (40 minutes): 4'000 yens
Dès neuf heures (40 minutes): 5'000 yens
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Hassle pub
Encore un hassle pub
"sympa". Cette fois-ci c'est "hassle police"!
"Ouvert depuis
novembre hassle police vous propose ses policières!
Elles sauront emprisonner votre corps comme votre coeur. Toutes
les 20 minutes contrôle de police!
(40 minutes avec boissons à volonté: whisky, brandy,
sôchu, bière)
De huit heures à neuf heures: 4'000 yens
Dès neuf heures: 5'000 yens
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Enfin le dernier hassle
pub, joshi matsuri.
"Pour tous ceux qui aiment les uniformes
de marin, joshi matsuri! Dans un de nos sept emplacements
vous trouverez un de nos toujours populaire pubs d'uniformes.
30 minutes avec boissons à volonté, de 3'000
yens à 5'000 yens.
(selon l'heure d'arrivée, un forfait supplémentaire
de 1'000 yens est prélevé)."
Je signale au passage que ce ne sont pas des uniformes
de lycéennes originaux. Même si la prostitution
des lycéennes est un problème social au Japon
(connu sous le nom de "baishun", litt. "vente
de printemps, un bien joli nom pour une bien vilaine chose),
elle ne s'affiche pas dans les magazines. Les jeunes filles
qui travaillent là, sont majeures. |
Glossaire
Bottle keep: on achète une bouteille au restaurant (pas
dans un magasin...) et le restaurant la garde à notre nom.
On peut ensuite se faire servir de sa bouteille chaque fois qu'on
y va. C'est plus avantageux et c'est à çà qu'on reconnaît
les vrais habitués.
Man-to-man: l'expression man-to-man fait sourire puisqu'elle signifie
d'homme à homme. Avoir une conversation "d'homme à homme"
avec une mignonne jeune fille, à moins qu'il s'agisse d'un
travesti c'est plutôt difficile (^o^).
Uniformes de marin: les lycéennes portent souvent des uniformes
rappelant ceux des marins. Ne me demandez pas pourquoi...
Ajoutons encore que les établissements les plus "hots"
sont souvent interdits aux étrangers. Inutile de s'en offusquer
ou de chercher à discuter avec le videur à l'entrée.
Si on vous refuse l'entrée c'est que le "bar"
où vous pensiez aller, n'en est pas vraiment un. Beaucoup
de snacks et autres lounge sont très petits et impossibles
à trouver. Si vous êtes accompagné de Japonais,
vous serez guidés vers eux. Comme l'ambiance devient très
vite lourde, "hospitalité" des serveuses et "boissons
à volonté" aidant, essayez de vous rappeler du chemin
vers la sortie. Et n'oubliez pas, si comme Raphaël et moi
vous êtes jeune et beau, inutile de payer des filles pour
qu'elles parlent avec vous, vous en trouverez sûrement qui
le feront gratuitement.
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