Chroniques nippones - Irrégulebdomadaire

Numéro 30 - décembre 2002


 
  Travailler au Japon - un parcours initiatique
par R.K.



Si vous avez l'occasion de travailler au Japon ou simplement y effectuer un stage en entreprise, vous vous poserez sûrement des interrogations (somme toute fondées) sur la vie en entreprise. Oui, vous l'avez compris, c'est bien du travail en entreprise dont je vais vous parler ici, qui est (là aussi, vous l'avez deviné) constitué de bien des rites et autres conventions qui n'ont rien à voir avec ceux présentés dans "Soleil Levant" (qui est un très bon film ceci dit).
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à signaler que toutes les informations que je vais vous révéler ici sont basées sur mes propres expériences et donc sont susceptibles de (vraiment) diverger d'une personne à une autre. Aussi, tirez partie du meilleur de ce qui suit et si vous en avez l'occasion, vous vous ferez une opinion par vous-même qui sera somme toute beaucoup plus enrichissante (j'en suis sûr) que le récit que j'en fais ici. Maintenant que je me suis bien déchiré à me justifier, je vous invite à suivre mes premiers pas dans le monde quelque peu obscur qu'est le business au Japon.
Le premier jour de mon premier travail au Japon avait plutôt mal commencé et pour cause. Après 12 heures de vol (nuit blanche obligée), j'étais arrivé à 8 heures et demie du matin (heure locale) à Narita. Autant le dire tout de suite, j'avais connu de bien meilleurs jours. À 11 heures, ayant suivi à la lettre les indications (très, très) claires de la personne des relations humaines, j'arrivais tant bien que mal au dortoir où je me voyais déjà comaté dans le lit  (futon, mais je ne le savais pas encore) quinze heures d'affilée. Erreur de ma part, à peine avais-je déposé mes affaires qu'un taxi m'attendait pour m'emmener au centre de recherche. Le ton étant donné, je m'attendais au pire pour l'année qui allait suivre.
Les présentations
11 heures 30 Le taxi arrivé et les quelques formalités administratives réglées, je me rendais à "l'office" où j'allais rencontrer les personnes avec qui j'allais partager mes douces journées un an durant. Première impression, elles étaient bien loin les superbes O.L. (secrétaires, en fait) auxquelles je rêvais encore dans l'avion (il y a même pas 3 heures de cela) mais passons.
Ma première déception oubliée, j'ai dû m'essayer à un exercice de style où je n'étais pas vraiment à l'aise: les présentations en japonais. La présentation en anglais ne me posait  aucun problème, par contre, je me suis rendu compte que seulement la moitié de mon auditoire avait percuté. (1ère remarque: la proportion des japonais polyglottes est très faible, pour autant que j'ai vu en tous cas). C'est là que j'improvisais une pseudo présentation en japonais; avec du recul, je crois que j'ai été assez ridicule mais c'est l'intention qui compte. Après bien des efforts, j'avais réussi à conquérir l'autre moitié de mon auditoire, même qu'ils applaudissaient en s'exclamant :
(2ème remarque: du point de vue d' un japonais, j'ai l'impression qu'un gaijin parlant japonais, ne serait ce qu'un peu, ce n'est pas du domaine du réel). A partir de là, je me suis dit que pour profiter un maximum de l'année qui allait suivre, l'apprentissage du japonais était primordial.
La routine quotidienne
Les premières semaines passées, je me sentais (plus ou moins) à l'aise au niveau de l'entreprise. En fait, une personne supérieure hiérarchiquement m'avait été désignée entre-temps pour "m'aider ", non seulement au niveau du travail mais aussi dans la vie de tous les jours. Oui, vous l'avez compris, cette personne s'appelle un "senpai" (comme la relation de Sean Connery vis-à-vis de Snipes). Personnellement, mon senpai était un supérieur direct, avec qui j'étais en très bon terme même si on divergeait sur certains points de vue mais qui ne revêtaient pas plus d'importance que cela (lui, il était plutôt Class E break tandis que moi plutôt SL600). Il nous arrivait après le travail d'aller boire des bières ensemble au centre-ville. C'est à ces moments que je le trouvais somme toute un peu plus loquace que sur le lieu de travail. J'ai appris par la suite que ce genre de rencontres entre collègues de bureau après le travail  () était assez répandu dans les années de prospérité,  mais suite aux différentes vagues de récession économique, les collègues de bureau fréquentant les bars se sont raréfiés.
Le travail en lui-même s'avérait assez peu "challenging". Mes journées étaient composées de pas moins de deux activités: expériences à mener et rapports à réaliser (quelque fois c'était l'inverse). Chaque jour, j'avais droit au traditionnel briefing qui durait deux heures (alors que cela aurait pu être liquidé en cinq minutes, pour de vrai). Ainsi, je me retrouvais avec un travail effectif de cinq heures par jour (3ème remarque: une grosse claque aux idées reçues ici, les japonais travaillent longtemps, je vous l'accorde mais pas de manière hardcore, c'est d'ailleurs pour cela qu'ils quittent leur lieu de travail à 21h.) et deux heures de temps libre que j'optimisais à préparer les week-ends (hé oui). Cependant, je vous avouerais qu'il y a bien des jours où j'éprouvais un certain remord à toucher un salaire aussi significatif par rapport au travail que je fournissais à cette époque,  je pensais donc bien faire en continuant sur des expériences complétant celles demandées dans un premier temps par mon supérieur. Oui mais voilà, les choses étant ce qu'elles sont, ce que l'on appellerait "esprit d'initiative" en France se révèle être quelque chose comme un "outrepassement de ses fonctions" au Japon (d'accord, je vous l'accorde, j'exagère, mais à peine). Dès lors et ayant compris ceci, je m'abstenais de faire du zèle de côté-là surtout en considérant qu'à 22 ans, l'espoir de bénéficier de l'avancement à l'ancienneté était des plus improbables.
À ce compte là, vous pourriez me demander et à juste titre pourquoi je ne rentrais pas plus tôt. La réponse en est bien simple: au Japon, on se doit de rester jusqu'à la fin de l'horaire légal, même si il n'y a rien à faire (de quoi se taper la tête contre les murs), pour ma part c'était à 6 heures du soir, quelque peu lobotomisé après avoir passé plus de deux heures sur le net.
Les relations avec les collègues, c'était le jour et la nuit, selon que je les abordais sur le lieu du travail ou bien à l'extérieur.
Dans le premier cas, cela revenait tout simplement à parler à un mur, à peu de choses près, le travail étant la priorité sur toute autre chose.
À l'extérieur, c'était bien différent, j'essayais vraiment de lier des relations d'amitié mais trouver des activités en commun relevait de l'impossible. Finalement, on s'était accordé  à sortir dans des bunny bars et autre Bud girls bars (oui, ce sont bien des bars à hôtesses, le 2ème étant meilleur que le 1er entre nous). Ces bars se révèlent être hors de prix, par exemple une heure à discuter de futilités avec des "bunnies" revenait à 10 000
yens (attention, tout est en japonais, c'est le piège). Cependant il s'avérait que je n'avais à chaque fois rien à payer (4ème remarque: (l'une des plus intéressantes peut-être) parmi les convives, c'est celui qui a la position la plus importante qui régale et pour certaines raisons, ce n'était pas moi).
Bref, les journées, les semaines, les mois passaient, pareils à eux-mêmes. La seule consolation étant qu'à cette époque, mon niveau de japonais me permettait de tenir des discussions des plus intéressantes avec les hôtesses de l'entreprise, une grande satisfaction personnelle ceci dit, mais là je m'égare.
 Puis vint un jour où je reçus un appel sur mon portable à 11 heures du soir de la part de mon superviseur, c'est alors que ma vision sur l'entreprise nipponne changea radicalement pour apparaître sous un autre jour.
Les voyages d'affaire - un véritable état d'esprit
Mon "senpai" m'annonçait qu'il allait effectuer un voyage d'affaire au centre d'affaire de Tokyo (Chiyoda), pour présenter mes travaux de recherche à la maison mère. Il me proposait donc de l'accompagner. Bien sûr, j'ai accepté sans hésitation. Plus par curiosité que par l'envie réel de faire part de mes recherches.  Au fur et à mesure que la nuit passait, je me demandais bien ce qui le motivais à m'emmener,  surtout que la présentation serait en japonais uniquement (et donc quasi incompréhensible).
Le matin, je me rendais comme d'habitude au travail. Cependant sur mon bureau étaient posés des cartes de visites à mon nom, une note de service ainsi que des billets de train prépayés. C'est bien dans ces moments que l'on pense à ces amis de promo, qui sont restés en France, enfermés dans des laboratoires de recherche.
Cette idée rapidement dissipée, j'enfilais promptement le costard que j'avais acheté dans un  certain magasin d'Omote Sando (sortie B5 en descendant l'avenue sur la gauche pour ceux qui connaissent). Après avoir assisté au traditionnel briefing matinal (oui, celui de deux heures), nous nous retrouvions trois à partir: mon superviseur, un collègue et moi-même.
Les consignes étaient simples, on m'avait affecté un nouveau statut, j'étais passé d'ingénieur la veille de ce fameux jour, à ingénieur post-doc., afin de paraître (plus) crédible auprès des interlocuteurs. Arrivés dans la place, un immense immeuble de 60 étages (plus ou moins 20 étages), nous nous sommes présentés à la réception. Les hôtesses ont mal commencé. En effet elles pensaient que mon superviseur n'était autre que mon traducteur dans les négociations qui allaient suivre. Le malentendu dissipé, nous nous retrouvions en face des personnes responsables du budget de recherche, c'est là où tout se jouait.
Tout d'abord, l'échange des "meishi". Il s'agit de donner sa carte de visite d'une certaine façon, avec les deux mains. La carte de visite doit porter une face rédigée en japonais, l'autre face en anglais, dénotant ainsi le caractère international de la personne.
Une fois la carte de votre interlocuteur reçue, il s'agit de la lire attentivement, chose qu'il fera de même pour votre carte. Même si tout est en japonais, il s'agit de se forcer à lire, montrant ainsi une certaine marque de respect vis-à-vis de votre interlocuteur. Une fois ceci effectué, il vous suffit de dire "" en vous courbant à la "Japanese way". Facile, n'est-ce-pas ?
L'échange étant fini, viennent les présentations à proprement parler. L'ordre de passage de chaque intervenant étant fonction de la position de la personne dans la hiérarchie (la première personne se présentant étant la plus importante). Là, je m'étais quelque peu amélioré par rapport à la toute première présentation effectuée le premier jour.
Vient ensuite la présentation de l'ordre du jour et les discussions interminables des heures durant.
Je vous laisse imaginer la situation. Quatre heures non-stop assis à une table de réunion à voir défiler une infinité de diagrammes et autres graphiques, généralement accompagnés de commentaires incompréhensibles (oui, du fait de la langue). Prenant mon mal en patience, j'observais avec attention les différentes personnes qui assistaient à la réunion, et selon les gestes de chaque intervenant par rapport à une certaine situation, j'essayais tant bien que mal de deviner grossièrement ce qu'ils voulaient bien signifier.
En regardant l'image ci-dessous, à vous d'essayer de deviner la pensée correspondante à chaque geste dessiné. D'accord j'ai eu quatre heures pour étudier la chose, mais sûr que vous pouvez faire mieux. Les premiers sont faciles, les suivants un peu plus durs.
Les réponses seront publiées dans la prochaine mise à jour, promis!
A. Venez ici, s'il vous plaît !
B. Non, ce n'est pas possible.
C. Moi ?!
D. Partez !
E. OK!!
F. Je suis gêné.
G. Non !!

La réunion touchant à sa fin (et mes premiers pas dans l'analyse du comportement nippon effectué), toutes les personnes présentes s'étaient accordées à poursuivre  les pourparlers autours d'un dîner. Pas le choix, j'ai suivi jusqu'à un restaurant du quartier de Chiyoda.
Mes premières impressions étaient quelque peu mitigées, lorsque j'ai pénétré dans une pièce privée, à l'écart du reste du restaurant (estampes japonaises, table basse où il faut s'agenouiller, pas de doute c'était bien un resto d'affaire nippon). Chaque personne s'attablait, là encore, dans un ordre bien précis: d'un côté de la table, les personnes de la maison mère, de l'autre, nous trois, je me serais cru à un véritable conseil de guerre, tellement la situation me paraissait irréelle. Arrivèrent ensuite les hôtesses (serveuses, pas de mauvaises pensées), pour nous servir le traditionnel saké ainsi que les divers mets raffinés et hors de prix bien sûr. Je crois que je me souviendrai toujours leurs regards s'illuminer quand elles ont posé leurs regards sur moi, à croire que c'était la première fois qu'elles voyaient un gaijin de leur vie. Pendant ce temps là, ils avaient remis les négociations, mais j'étais quelque peu absent, l'alcool aidant somme toute. (5ème remarque: apparemment, il est assez mal vu de se servir soi même, c'est à la personne en face de vous de remplir votre verre). Pour certaines raisons, je n'avais pas encore compris le sens profond de la 5ème remarque, je pensais que la personne en face de moi souhaitait me tester. Résultats: à la fin de la soirée, il n'y eut point de gagnant mais bien deux perdants, j'étais cependant capable de me tenir debout alors que le japonais en face...
Le repas tirant à sa fin, nous nous sommes rendus (avec beaucoup de mal) dans un business hôtel, dans la mesure où les trains ne circulaient plus à cette heure si avancée (voir les "chroniques" précédentes). A partir de là, les souvenirs se bousculent. Cependant je me souviens bien que c'était la première fois en trois mois que je m'octroyais un sommeil compensateur dans un (vrai) lit. Avant de dormir, j'avais allumé la TV un peu par hasard, et parmi les chaînes habituels, j'étais tombé sur  ce que l'on appellera la "special channel", chose qui me paraissait quelque peu bizarre dans un pays aussi droit question moralité. Le lendemain, j'en avais avisé mon superviseur qui faisait semblant de ne rien comprendre. Il m'a avoué trois mois plus tard que l'on avait regardé la même émission.
Le lendemain, le retour fut quelque peu difficile, dans la mesure où après 3 heures de train, je devais me rendre directement à l'entreprise pour le débriefing. J'avais rempli  ma première note de service de ma vie, et en fait, j'étais agréablement surpris de voir la journée et la nuit passées à l'extérieur de l'entreprise créditées de près d'une semaine de salaire, que du bonus donc. Par la suite, ce genre de déplacement se faisait plus fréquent au fur et à mesure que j'avançais dans mes recherches, une réelle motivation. Non seulement les voyages d'affaire me permettaient de rompre avec la routine journalière, mais ils m'ont permis de même de rencontrer des gens hauts placés et qui se sont avérés fort  utiles par la suite.

Conclusion
Voilà dans les grandes lignes ce que j'ai été amené à vivre dans une entreprise nippone pendant une durée d'un an. Vrai que je dois avouer que quelques fois, les circonstances étaient assez critiques (résultats à atteindre, présentation à effectuer à l'arrache, etc.). Mais de mon premier stage au Japon,  j' ai de bons souvenirs et pour preuve, j'ai gardé contact avec la plupart des personnes avec qui j'ai travaillé. Pas plus tard qu'il y a un mois, j'ai dîné avec mon superviseur en Suisse alors qu'il était en voyage d'affaire en Europe. Des heures durant à se remémorer des moments (bons et mauvais) que l'on a partagé ensemble au Japon, je vous laisse imaginer les souvenirs que cela fait.
Je finirais par ceci: je souhaite aux personnes (qui ont réussi à lire jusqu'ici) et qui sont vraiment intéressées par le Japon de manière générale, de franchir le pas décisif si d'aventure l'occasion se présente ("mangak" s'abstenir). Ainsi, celles-ci pourront vraiment se faire une idée concrète de ce que j'ai écrit ci-dessus. Pour sûr, j'ai remarqué que le Japon ne laisse personne indifférent, certaines aiment, d'autres pas du tout. Pour ma part, je vous laisse imaginer où je me situe.

Joyeux Noël et Bonne Année à tous les lecteurs



Raphaël  ^o^

PS: I would like to thank first of all "Business Spotlight" magazine for authorising the publication of some of their documents, then Ms Dupac for her relevant help and finally Ms. Ducroquetz C. for her outstanding patience.

Sortons ce soir
Par M.H.

 

 

MISE EN GARDE:
Le sujet présenté ci-dessous peut être considéré comme choquant par certaines personnes. Il est de plus assaisonné d'une petite dose d'ironie. Si vous êtes dépourvu de ce mystérieux sens appelé "le second degré" ne lisez pas plus bas (^=^).


On entend et on lit souvent que les salariés japonais restent tard au bureau et vont ensuite boire plus que de mesure avant de rentrer en titubant chez eux. Peut-être que pris d'une envie de vous saoûler sauvagement (ou simplement de boire une bière) vous vous demanderez, où aller boire? En plus des restaurants et bars habituels, il existe d'autres établissements spécifiques au Japon (même si on les retrouve dans le monde entier sous des formes et avec des noms différents). Voici donc comment s'y repérer un peu mieux.
Tout à été pris dans un petit magazine gratuit distribué gartuitement à TOUS les ménages dans ma région. Ce n'est donc nullement issu d'un magazine "pour hommes" ou autre publicité collée sur cabine téléphonique. Même si la frontière entre "hospitalité" et "prostitution" peut être floue, ça reste en général de bon aloi. Beaucoup de personnes travaillant dans le "mizu-shôbai" (littéralement "commerce de l'eau", en clair: bars, boîtes de nuit, clubs, etc.) ne s'en vantent pas. Ce n'est cependant pas une tare et on peut très bien passer de çà à autre chose. Les étudiantes font parfois ce genre de boulot (c'est bien payé et ce n'est pas aux mêmes heures que les cours). Les mots en rouge sont expliqués en bas.

Snacks
Non, ce ne sont pas des petits morceaux de machins frits à manger en attendant que le film commence. C'est le nom que portent des sortes de bar. On peut certes y manger, mais c'est rarement gastronomique. Le but est surtout d'y boire tout en devisant avec le sympathique personnel, composé au moins de "la patronne", peut-être de quelques jeunes (plus ou moins, ça dépend du standing du snack) femmes au service.
Les quatre personnes sur la photo font partie du personnel du snack "Carole" (je salue toutes les Caroles au passage, même s'il s'agit peut-être d'anglais ici, le nom étant écrit en katakana impossible de savoir).
L'annonce du "snack" peut se traduire comme suit:
"Carol (?)" est "l'oasis du quartier". Ceux qui ne sont encore des débutants dans l'art de s'amuser venez essayer notre bar. Ambiance et personnel décontracté. Venez passer les froides soirées d'hiver ici.
Set (de quoi ??) 3'000 yens
Bottle keep - dès 3'000 yens
Lounge
C'est la catégorie au-dessus du snack. Ça se reconnaît au niveau des prix principalement.
L'annonce du "lounge" ci-contre dit ceci:
"Elles sont mignonnes! Cette année c'est décidé. Les soirées se passent au CLUB TIARA.
Comme à la maison au CLUB TIARA, servi par de mignonnes jeunes femmes. L'art de boire c'est au CLUB TIARA. Les mignonnes jeunes femmes vous parleront volontiers "man-to-man". Si on vient une fois, on ne peut plus s'en passer!
45 minutes "boissons à volonté" dès 2'800 yens (whisky, brandy, sake, bière)
Set (de quoi ??) dès 3'800 yens
- Bottle keep dès 5'000 yens
Hassle pub
Dernière catégorie présentée ici et nettement la plus "hot". On connaît la fascination de certains hommes pour les uniformes. Voici donc le "nurse center":
"Nos sémillantes infirmières viendront vous faire un petit contrôle toutes les 20 minutes! Vous avez travaillé dur toute l'année? Venez vous relaxer ici. Le prix comprend les boissons à volonté, pas de pourboires! Et pour ceux qui n'arrivent vraiment pas à se reposer il y a des hospitalisations de longue durée.
Système d'hospitalisation:
Dès huit heures (30 minutes): 3'000 yens
Dès huit heures et demie (40 minutes): 4'000 yens
Dès neuf heures (40 minutes): 5'000 yens
Hassle pub
Encore un hassle pub "sympa". Cette fois-ci c'est "hassle police"!
"Ouvert depuis novembre hassle police vous propose ses policières! Elles sauront emprisonner votre corps comme votre coeur. Toutes les 20 minutes contrôle de police!
(40 minutes avec boissons à volonté: whisky, brandy, sôchu, bière)
De huit heures à neuf heures: 4'000 yens
Dès neuf heures: 5'000 yens
Enfin le dernier hassle pub, joshi matsuri.
"Pour tous ceux qui aiment les uniformes de marin, joshi matsuri! Dans un de nos sept emplacements vous trouverez un de nos toujours populaire pubs d'uniformes.
30 minutes avec boissons à volonté, de 3'000 yens à 5'000 yens.
(selon l'heure d'arrivée, un forfait supplémentaire de 1'000 yens est prélevé)."
Je signale au passage que ce ne sont pas des uniformes de lycéennes originaux. Même si la prostitution des lycéennes est un problème social au Japon (connu sous le nom de "baishun", litt. "vente de printemps, un bien joli nom pour une bien vilaine chose), elle ne s'affiche pas dans les magazines. Les jeunes filles qui travaillent là, sont majeures.

Glossaire
Bottle keep: on achète une bouteille au restaurant (pas dans un magasin...) et le restaurant la garde à notre nom. On peut ensuite se faire servir de sa bouteille chaque fois qu'on y va. C'est plus avantageux et c'est à çà qu'on reconnaît les vrais habitués.
Man-to-man: l'expression man-to-man fait sourire puisqu'elle signifie d'homme à homme. Avoir une conversation "d'homme à homme" avec une mignonne jeune fille, à moins qu'il s'agisse d'un travesti c'est plutôt difficile (^o^).
Uniformes de marin: les lycéennes portent souvent des uniformes rappelant ceux des marins. Ne me demandez pas pourquoi...

Ajoutons encore que les établissements les plus "hots" sont souvent interdits aux étrangers. Inutile de s'en offusquer ou de chercher à discuter avec le videur à l'entrée. Si on vous refuse l'entrée c'est que le "bar" où vous pensiez aller, n'en est pas vraiment un. Beaucoup de snacks et autres lounge sont très petits et impossibles à trouver. Si vous êtes accompagné de Japonais, vous serez guidés vers eux. Comme l'ambiance devient très vite lourde, "hospitalité" des serveuses et "boissons à volonté" aidant, essayez de vous rappeler du chemin vers la sortie. Et n'oubliez pas, si comme Raphaël et moi vous êtes jeune et beau, inutile de payer des filles pour qu'elles parlent avec vous, vous en trouverez sûrement qui le feront gratuitement.