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À sa première arrivée
au Japon, le voyageur étranger fera peut-être la
même expérience que moi. Sortant de l'avion, il récupérera
sa lourde valise, puis se traînera vers le train le menant
vers une gare importante. Le train de l'aéroport généreusement
muni d'emplacement à bagages lui permettra d'y déposer
sa valise et de somnoler tranquillement sur un des sièges
du wagon. À l'arrivée à la gare, il changera
de train et stupéfait ne trouvera aucun endroit où
mettre les bagages. Mais comment donc tous les Japonais qui sont
sortis de l'avion en même temps que lui ont-ils fait? Par
quel tour de passe-passe leurs bagages ont-ils disparus dans le
néant?*
Ils ont en fait utilisé le "taku-hai-bin"
(voir le titre en japonais de l'article). Le très performant
système de distribution rapide de colis au Japon. À
l'aéroport, vous vous rendez au guichet d'une des sociétés
de livraison rapide et moyennant paiement, vous lui confiez vos
bagages pour qu'elle les achemine à destination (prévoir
de garder quelques habits avec soi, ça prend en général
deux jours). Au retour c'est pareil, vous téléphonez
à l'une de ces sociétés et une de leur camionette
passe chercher vos bagages. Vous les retrouverez deux jours plus
tard à l'aéroport.
Ce n'est là que la pointe de l'iceberg. On peut se faire
livrer tout et n'importe quoi directement chez soi, ou expédier
rapidement et sans problèmes à ses connaissances ce
que l'on veut. Lors de votre passage dans un grand magasin, vous
trouvez quelque chose de fabuleux, mais d'encombrant. Pas de problèmes,
vous remplissez un bon de livraison (à disposition dans
le magasin) et c'est une des sociétés de livraison
qui s'occupera de vous apporter votre achat. Bien souvent, les
magasins se chargent d'ailleurs de régler la note.
Les développements les plus récents,
sont d'acheminer les skis ou l'équipement de golf jusqu'à l'endroit
où on va pratiquer son sport favori. Des camionettes frigorifiques
sont également disponibles et on peut se faire livrer crabes
rares et poissons exquis directement depuis leurs lieux de pêches
traditionnels. Même les articles les plus fragiles peuvent
être acheminés sans crainte, céramiques, porcelaines
ou orchidées arriveront sans dommages.
Enfin, pour ceux qui doivent déménager,
on peut louer de gros caissons en plastique solide (deux mètres
sur deux), y ranger toutes ses affaires et faire expédier
le caisson jusqu'à son nouveau domicile. En avril, nombreux
sont les jeunes qui vont habiter loin de la maison familiale pour
suivre des études à l'université, et les publicités
pour ce genre de transport fleurissent sur les écrans.
Les frais pour ce genre de livraison
sont avantageux, si l'on pense à l'efficacité du
système (les articles arrivent le jour suivant, dans tout
le pays) et aux embarras qu'il évite. La grande popularité de
ce système peut se mesurer facilement en constatant simplement
le nombre de camionnettes de ces compagnies que l'on voit sillonner
les villes (et parfois encombrer les rues, car parquées
sur la route le temps de livrer un colis). Il ne se passe pas
une semaine, sans que l'un ou l'autre livreur ne passe apporter
quelque chose à la maison et les plus sympathiques finissent
par être comme le facteur, on les connaît et on échange
volontiers quelques mots avec eux lors de leur passage.
Voici une petite revue des logos de certaines compagnies existantes
(liste non-exhaustive):
Sagawa
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Seino
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Seibu
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Meitetsu
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Kuro neko Yamato
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Pelican-bin
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Comme vous pouvez le constater, les
animaux tiennent une place importante, sauf pour la compagnie
Sagawa dont le logo représente un coursier de l'ère
Edo.
*Cet épisode
remonte à 7 ans en arrière et a eu lieu à l'aéroport
du Kansai. Le train "Hakuta" (Aéroport-Kyoto)
dispose d'un emplacement pour les bagages, mais à Shin-Osaka
où je prenais la ligne du Hokuriku, le "Raicho"
(Osaka-Toyama) n'offrait aucune place. J'ai donc posé la
lourde valise au-dessus des sièges dans une situation instable,
prête à choir et assomer quelques Japonais au passage.
Heureusement elle n'est pas tombée. Depuis j'ai découvert
qu'il y a un peu de place derrière la dernière rangée
de sièges du wagon. Ne pensez pas prendre la valise devant
vous ou à côté de vous, c'est rigoureusement
impossible.
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