Chroniques nippones - Irrégulebdomadaire

Numéro 23 - avril 2002


 
Ryokan - auberge traditionelle japonaise

  Lors d'un voyage au Japon, afin de pousser l'expérience jusqu'au bout, il faut si possible séjourner au moins un jour dans un ryokan. Un ryokan est une auberge traditionelle japonaise.

Les principales différences avec un hôtel sont les suivantes :
- on dort dans un futon et pas dans un lit.
- la chambre est recouverte de tatami ou d'un plancher en bois.
- il faut enlever ses souliers à l'entrée (comme dans toute maison japonaise).
- la cuisine est en principe exclusivement japonaise.
- un bain communautaire est généralement disponible.

Comme dans un hôtel, on commence par se rendre à la réception pour les formalités d'arrivée (après avoir retiré ses chaussures bien sûr). Dans les établissements les plus luxueux, une partie du personnel est vêtue à la japonaise, ce qui met tout de suite dans l'ambiance. On prend ensuite possession de sa chambre. On dispose presque toujours de quoi préparer du thé vert. Le ou les futons ne sont étendus que pour la nuit, ce qui donne beaucoup d'espace libre, si l'on compare avec une chambre d'hôtel. Les ryokan proposent en général le petit-déjeuner et le dîner. La personne en charge de votre séjour vous demandera à quelle heure vous voulez prendre le petit-déjeuner et le dîner. Le dîner (et parfois le petit-déjeuner) sont pris dans la chambre. Le personnel apporte tout ce qui est nécessaire. Attention, il s'agit de cuisine japonaise, excellente en général, mais pas spécialement adaptée aux goûts occidentaux. Si c'est votre première expérience culinaire japonaise, vous pouvez être surpris. De plus, on ne choisit pas le menu. C'est le chef du ryokan qui décide en fonction de la saison et des ingrédients disponibles dans la région, ce qu'il préparera. Un menu de cuisine japonaise est composé de nombreux plats et même si certains ne vous conviennent pas, il y aura en général suffisamment pour vous rassasier à satiété. Les plats se succèdent apportés au fur et à mesure par le personnel et on peut se demander quand arrivera la fin du repas. La chose à savoir est que dernier plat est un bol de riz. Si le bol de riz arrive, alors c'est la fin du repas.

Au bain communautaire, les règles usuelles s'appliquent (pour un rappel voir ici). Un ryokan peut sembler plus contraignant qu'un hôtel en raison des horaires précis qui s'appliquent, mais ces petits inconvénients sont compensés par l'ambiance toute particulière qu'ils dégagent. Le personnel est souvent nettement plus sympathique que dans les grands hôtels, où les employés sont très professionnels mais plutôt froids.

On trouve des ryokan dans toutes les catégories de prix. Les moins chers n'offrent pas grand chose de plus qu'une chambre de quelques tatamis (la grandeur de la chambre se compte en tatamis) et un futon, mais déjà dans des catégories de prix moyennes, on peut trouver d'excellents logements, souvent dans des bâtiments typiques. À noter encore qu'il existe également des minshuku, volontiers traduits par "pension de famille". Dans la réalité des faits, les différences entre un minshuku et un ryokan sont parfois peu perceptibles.

Pour davantages d'informations sur le sujet et trouver des adresses de ryokan, deux liens utiles : "Japanese Inn Group" (en anglais) et l'Office National du Tourisme Japonais qui nous a fait la belle surprise de proposer une version en français de son site (moins complète que celle en anglais, mais on aurait tort de se plaindre).

 

 


À sa première arrivée au Japon, le voyageur étranger fera peut-être la même expérience que moi. Sortant de l'avion, il récupérera sa lourde valise, puis se traînera vers le train le menant vers une gare importante. Le train de l'aéroport généreusement muni d'emplacement à bagages lui permettra d'y déposer sa valise et de somnoler tranquillement sur un des sièges du wagon. À l'arrivée à la gare, il changera de train et stupéfait ne trouvera aucun endroit où mettre les bagages. Mais comment donc tous les Japonais qui sont sortis de l'avion en même temps que lui ont-ils fait? Par quel tour de passe-passe leurs bagages ont-ils disparus dans le néant?*

Ils ont en fait utilisé le "taku-hai-bin" (voir le titre en japonais de l'article). Le très performant système de distribution rapide de colis au Japon. À l'aéroport, vous vous rendez au guichet d'une des sociétés de livraison rapide et moyennant paiement, vous lui confiez vos bagages pour qu'elle les achemine à destination (prévoir de garder quelques habits avec soi, ça prend en général deux jours). Au retour c'est pareil, vous téléphonez à l'une de ces sociétés et une de leur camionette passe chercher vos bagages. Vous les retrouverez deux jours plus tard à l'aéroport.

Ce n'est là que la pointe de l'iceberg. On peut se faire livrer tout et n'importe quoi directement chez soi, ou expédier rapidement et sans problèmes à ses connaissances ce que l'on veut. Lors de votre passage dans un grand magasin, vous trouvez quelque chose de fabuleux, mais d'encombrant. Pas de problèmes, vous remplissez un bon de livraison (à disposition dans le magasin) et c'est une des sociétés de livraison qui s'occupera de vous apporter votre achat. Bien souvent, les magasins se chargent d'ailleurs de régler la note.

Les développements les plus récents, sont d'acheminer les skis ou l'équipement de golf jusqu'à l'endroit où on va pratiquer son sport favori. Des camionettes frigorifiques sont également disponibles et on peut se faire livrer crabes rares et poissons exquis directement depuis leurs lieux de pêches traditionnels. Même les articles les plus fragiles peuvent être acheminés sans crainte, céramiques, porcelaines ou orchidées arriveront sans dommages.

Enfin, pour ceux qui doivent déménager, on peut louer de gros caissons en plastique solide (deux mètres sur deux), y ranger toutes ses affaires et faire expédier le caisson jusqu'à son nouveau domicile. En avril, nombreux sont les jeunes qui vont habiter loin de la maison familiale pour suivre des études à l'université, et les publicités pour ce genre de transport fleurissent sur les écrans.

Les frais pour ce genre de livraison sont avantageux, si l'on pense à l'efficacité du système (les articles arrivent le jour suivant, dans tout le pays) et aux embarras qu'il évite. La grande popularité de ce système peut se mesurer facilement en constatant simplement le nombre de camionnettes de ces compagnies que l'on voit sillonner les villes (et parfois encombrer les rues, car parquées sur la route le temps de livrer un colis). Il ne se passe pas une semaine, sans que l'un ou l'autre livreur ne passe apporter quelque chose à la maison et les plus sympathiques finissent par être comme le facteur, on les connaît et on échange volontiers quelques mots avec eux lors de leur passage.

Voici une petite revue des logos de certaines compagnies existantes (liste non-exhaustive):


Sagawa

Seino

Seibu

Meitetsu

Kuro neko Yamato

Pelican-bin

Comme vous pouvez le constater, les animaux tiennent une place importante, sauf pour la compagnie Sagawa dont le logo représente un coursier de l'ère Edo.

*Cet épisode remonte à 7 ans en arrière et a eu lieu à l'aéroport du Kansai. Le train "Hakuta" (Aéroport-Kyoto) dispose d'un emplacement pour les bagages, mais à Shin-Osaka où je prenais la ligne du Hokuriku, le "Raicho" (Osaka-Toyama) n'offrait aucune place. J'ai donc posé la lourde valise au-dessus des sièges dans une situation instable, prête à choir et assomer quelques Japonais au passage. Heureusement elle n'est pas tombée. Depuis j'ai découvert qu'il y a un peu de place derrière la dernière rangée de sièges du wagon. Ne pensez pas prendre la valise devant vous ou à côté de vous, c'est rigoureusement impossible.