Chroniques nippones - Irrégulebdomadaire

Numéro 22 - mars 2002


 
À votre santé

Dans le numéro 19, un rapide aperçu des boissons sans alcool disponibles au Japon vous était proposé. Cette fois-ci passons à des boissons interdites aux enfants: les boissons alcoolisées.
Mais avant il me faut réparer un terrible oubli, celui du Fanta "La France". Oui, amis et lecteurs français, on trouve ici un Fanta portant le nom de ce fier pays (il est écrit en katakana sur la bouteille, en dessous de "Fanta"). Mais pourquoi donc y-at'il un Fanta au nom de la France, honneur auquel aucun autre pays n'a droit ? Les raisons ne sont pas celles que le chauvinisme naturel de tout Français pourrait nous dicter. Il y a au Japon un fruit (rond et brun clair) apparenté à la poire appelé le nashi. Quant aux poires (celles en forme de poire dont on a l'habitude) elles sont en général appelés yo-nashi (yo = occidental, soit "poire d'occident") ou alors "La France". Le Fanta "La France" est donc du Fanta arôme poire. On trouve d'ailleurs d'autres produits à l'arôme poire portant le nom "La France" comme des chewing-gums par exemple.
Quelle est la boisson alcoolisée la plus consommée au Japon ? Tous ceux qui ont répondu "sake" ont perdu, c'est la bière. Elle a été introduite au Japon à la fin du 19ème siècle, son histoire est donc déjà longue. Les quatre brasseurs principaux, Kirin, Asahi, Sapporo et Suntory (images ci-contre), produisent essentiellement des bières blondes de très bonne qualité. D'autres variétés sont cependant apparues récemment (essayez la Kirin brune par exemple). On peut trouver facilement diverses variétés importées. Le prix d'une cannette de bière se monte en général à 250 yens (2.25 euros), au restaurant le prix d'une grande chope de bière pression tourne autour des 500 yens (4.5 euros).
Le sake est un alcool à base de riz tirant à environ 17 degrés. Son histoire remonte à plusieurs siècles. Encore de nos jours, sa fabrication est liée au shintoïsme et toutes les brasseries de sake ont un petit sanctuaire shinto à l'intérieur de leurs murs.
La plupart de ceux qui ne sont jamais venus au Japon en ont une mauvaise image. C'est pour deux raisons: tout d'abord les meilleurs variétés ne sont pas exportées, ensuite le sake se marie spécialement bien à la cuisine japonaise.
Les sake sont divisés en catégories : tokkyû (grand cru), ikkyû (premier cru) et nikkyû (second cru). Ces crus sont eux-mêmes divisés en sake karakuchi (sec) et amakuchi (doux). Le sake peut être servi froid (reishû) ou chaud (astukan). Quand on le commande il arrive servi dans une sorte de carafe appelée tokkuri (comme sur l'image) et on le boit dans de petites coupes en céramique (o-choko ou sakazuki). Attention, spécialement avec le sake chaud qui se laisse boire facilement mais est spécialement traître. Ne forcez pas dessus, si vous travaillez le lendemain. Ce n'est pas pour rien qu'il se consomme en petites coupes.
Terminons en précisant que sake veut dire en fait alcool, ce qui peut prêter à confusion, le nom exact de cette boisson est nihonshu.
Le shôchû est un alcool distillé à partir de riz ou d'igname, tirant à environ 30 degrés. Jadis durant l'ère Edo, c'était la boisson des gueux et de ceux qui voulaient se saoûler vite pour pas cher. Les autres l'utilisaient comme désinfectant... ...c'est dire si ce n'était pas la boisson de la haute société. Les temps modernes l'ont cependant remis au goût du jour et actuellement c'est un produit branché. Il le plus souvent consommé mélangé avec de l'eau chaude (oyu-wari) ou avec du soda et du jus de citron (chûhai). Son prix est resté abordable puisque le prix d'une bouteille de 720ml tourne autour des 600 yens.
Enfin on trouve le umeshu. Il est parfois traduit en anglais sur les bouteilles sous le nom de "prune wine" ou "apricot wine". Il s'agit en fait d'une sorte de liqueur de prunes japonaises. Les prunes japonaises ressemblent à nos braves prunes occidentales. Pour fabriquer le umeshu, elles sont mises à baigner dans un alcool fort pour une durée de temps plus ou moins longue. On peut donc en faire chez soi (même si le umeshu fait maison a souvent un arrière-goût désagréable). Cela donne un alcool très doux et agréable de goût. Il peut être consommé chaud (en hiver) ou froid avec des glaçons (en été). Il est très apprécié des femmes, les publicités pour les différentes marques de umeshu présentent donc souvent une actrice connue, vantant ses mérites.

 

 

Sotsugyô-shiki
 

Les Japonais adorent les cérémonies. Les mariages japonais où des fortunes sont parfois dépensées sont bien connus. À la fin du mois de mars c'est cependant la saison des sotsugyô-shiki. Il s'agit des cérémonies de fin d'études (ou de remise des diplômes). Ceux qui ont suivi les précédents numéros des chroniques nippones (voir numéro 16) savent que le parcours scolaire d'un jeune nippon va du jardin d'enfants à l'université, en passant par l'école primaire, le collège et le lycée. À la fin de chacune de ces écoles, une cérémonie de remise des diplômes est organisée.


En général les éléments suivants sont présents dans toutes ces cérémonies : on chante la chanson de l'école (toutes les écoles ont leur chanson), les élèves des classes qui n'ont pas terminé l'école (ceux qui restent quoi) remercient les élèves qui ont terminé, le proviseur fait un discours, un officiel (maire, représentant du ministère de l'Éducation, ancien élève devenu célèbre, etc.) fait un discours. Tous les élèves ayant terminé avec succès leurs études sont ensuite appelés sur scène pour recevoir leur certificat. Dans un lycée (comme sur les photos ci-dessus) où plus de 300 élèves terminent en même temps leurs études, ça peut prendre pas mal de temps. Le passage sur scène est un véritable ballet bien rôdé. Les élèves ont dû répéter à l'avance. Ils se lèvent dans l'ordre où ils vont être appelés, se mettent en rang devant l'escalier et montent quand ils sont appelés, avant de redescendre par les côtés de la scène. Les parents sont bien entendus invités. En général les mères pleurent tandis que les pères cherchent à prendre la meilleure photo possible de leur progéniture.


Si au jardin d'enfant, à l'école primaire, au collège et au lycée les élèves portent l'uniforme de l'école (les collèges et lycées sans uniforme sont rares, les écoles primaires sans uniforme un peu moins), à l'université les étudiants (sauf exception) s'habillent comme ils veulent durant leurs études. Lors de la cérémonie de fin d'étude c'est par contre différent. Dans une société où l'apparence est importante, l'élégance est de mise. Les jeunes filles portent souvent à cette occasion des kimono ou des hakama (images ci-contre). Les commerces spécialisés, comme par exemple les boutiques de mariage, proposent souvent à cette occasion des kimono ou des hakama en location, avec parfois la coiffure comprise dans le prix.
Il est rare de pouvoir admirer des jeunes filles portant des kimono (ce sont plutôt les femmes âgées qui en portent plus fréquemment). Se trouver à proximité d'une université le jour de la cérémonie de fin d'études est une excellente occasion de voir de magnifiques vêtements portés par de belles jeunes filles.