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À
la montagne
Le Japon, pays tout en longueur, offre une variété de climats
forts différents. Mais c'est aussi un pays tout en hauteur. Il
n'y a pas que les plages, les grandes agglomérations urbaines
et les campagnes constellées de rizières. Il y a aussi les
montagnes.
Elles couvrent la plus grande partie du territoire nippon. De tous temps
elles ont été regardées avec respect par les humains
(respect d'autant plus grand que beaucoup étaient ou sont encore
des volcans). En fait, il existe trois montagnes considérées
comme sacrées par les Japonais et connues sous le nom de "nihon
sanmeizan". Toutes les trois étaient autrefois des volcans.
La plus connue est sans aucun doute le Mont Fuji (au sujet de son nom
cliquer
ici). Culminant à 3'776 mètres de hauteur c'est la
plus haute montagne du Japon. Elle est située sur la limite entre
les préfectures de Shizuoka et Yamanashi, soit pas très
loin de Tokyo. Le Mont Fuji a une superbe forme conique et il se dresse
solitaire sans autres montagnes aux alentours. L'impression de
grandeur et de majesté qu'on a en le regardant est donc décuplée
(photos ici). Aller voir
le Mont Fuji vaut vraiment la peine.
Le caractère sacré de l'endroit est bien démontré
par la présence d'un sanctuaire shintô, le Fujisan Hongû
Sengen Jinja, dont le sanctuaire principal est dans la ville de Fujinomiya
au sud du Mont Fuji. Si de nos jours beaucoup de personnes le gravissent
pour le plaisir (on peut le gravir assez facilement. Ce n'est pas de
l'escalade, plutôt de la randonnée), son ascension était
jadis faite à titre religieux (et interdite aux femmes, considérées
comme impures).
L'afflux de visiteurs a malheureusement donné lieu à toutes
sortes d'horreurs : parkings pour les voitures, hideuses baraques vendant
de la nourriture ou des souvenirs, "musées" sans lien
avec la montagne mais profitant de l'afflux de visiteurs pour se faire
de l'argent, etc.
La seconde montagne sacrée du Japon est le Mont Tateyama (photo).
Ce nom désigne en fait une chaîne de splendides montagnes
de plus de 3'000 mètres qui se dresse dans l'est de la préfecture
de Toyama. D'ordinaire le nom sert à désigner l'ensemble
constitué des monts Fujino-oritate, Dainanji-san et O-zan. Il
inclut parfois (selon les sources) d'autres montagnes environnantes.
Ce massif montagneux est considéré comme sacré
car un jour le fils du gouverneur de Toyama, Aritomo était en
train de chasser au faucon dans la montagne quand son oiseau s'envola.
Il le suivit, s'enfonçant de plus en plus profondément
dans les montagnes, lorsqu'il fut attaqué par un ours. Immédiatement,
il décocha une flèche à l'animal qui s'enfuit alors
dans une caverne. Suivant l'ours, Aritomo découvrit alors Amida
Nyorai (un des Bouddhas) dont la poitrine saignait à la suite
d'une blessure par flèche ! Amida lui dit alors "ouvre un
sanctuaire ici et fais-toi prêtre".
De nos jours, une "route alpine" a été ouverte
et le massif de Tateyama est un haut-lieu touristique. On peut ainsi
traverser les montagnes (sans se fatiguer) de la préfecture de
Toyama à celle de Nagano en utilisant bus, funiculaire et téléphériques.
Comme au Mont Fuji l'afflux de visiteurs a conduit à diverses
horreurs qu'il vaut mieux ne pas citer (c'est trop triste). Les possibilités
de randonnées plus à même de faire profiter de la beauté de
la nature et du calme existent cependant.
Enfin la troisième montagne est le
Mont Hakkusan dans la préfecture d'Ishikawa (dont vous voyez
le cratère en photo en tête de cet article). C'est la plus
petite des trois (altitude 2'702 mètres). C'est peut-être
aussi la mieux préservée de la folie des hommes même
si récemment une "route alpine" a malheureusement été
ouverte à proximité. Son ascension peut aussi se faire
sans trop de problèmes, puisqu'il s'agit d'une marche de 6 heures
(se méfier cependant des dangers propres à toute montagne).
Comme au Mont Fuji un sanctuaire shinto est construit à proximité
de la montagne.
J'ai beaucoup cherché, mais je ne suis pas parvenu à trouver
pour quelle raison ou légende, la montagne était considérée
comme sacrée. Si quelqu'un trouve la solution, merci d'avance...
Pour l'anecdote on notera que le nom Hakkusan se traduit comme suit
: hakku = blanc, san = montagne, mont. La traduction est donc Mont-Blanc.
Eh oui ! Le Mont-Blanc n'est pas unique. Il y en a un autre au Japon.
Comme mentionné plus haut ces trois
montagnes sont d'anciens volcans. Les monts Fuji et Hakkusan sont d'ailleurs
toujours considérés comme actifs par les géologues
(car ils bougent de quelques millimètres chaque année) et
les risques qu'ils entrent à nouveau en éruption ne sont
pas inexistants.
Pour pouvoir voir où sont ces montagnes, il y
a une carte du Japon
ici.
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À votre
santé
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Vous l'avez vu dans
le numéro
13. Le Japon regorge de distributeurs automatiques dont
la grande majorité vend des boissons sans-alcool. Si
on peut trouver les mêmes que dans nos contrées
(le Coca est bien sûr présent), l'eau minérale
sans addition particulière est une absente de marque.
On trouve des jus de fruits ou de légumes assez semblables
aux nôtres, mais la plupart des boissons sont différentes,
voire parfois carrément surprenantes et il peut être
déconcertant de choisir de quoi s'hydrater.
Regardez par exemple le petit bonhomme pisseur à gauche.
C'est la mascotte d'une boisson nommée "DAKARA"
(ce qui veut dire en quelque sorte "c'est pour ça").
Cette boisson qui ressemble à de l'eau dans laquelle
on aurait dilué un peu de peinture blanche n'a pas
vraiment de goût (mais c'est loin d'être désagréable).
Elle est destinée à redonner aux travailleurs
qui s'alimentent mal tout ce dont ils ont besoin pour que
leur corps fonctionne bien (d'où son logo en forme
de coeur rouge).
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Dans
le même registre (mais proposée par un concurrent),
on trouve Water Salad. Les Japonais (surtout ceux qui ont
une courte pause de midi) se nourrissent de plus en plus mal
(fast-food, nouilles instantanées, etc.). La publicité
de cette boisson montre un salarié revenu de son repas
de midi rapidement absorbé. Derrière lui 4 personnages
représentant les piliers d'une alimentation saine portent
une sorte de gros estomac. Soudain c'est le drame. L'un des
4 personnages s'effondre et l'estomac roule sur le salarié.
Une coupure nous épargne le spectacle du pauvre homme
mourant asphyxié et montre la boîte ci-contre
en disant que Water Salad permet de préserver un bon
équilibre. N'allez pas croire qu'il s'agisse cependant
de jus de légumes et de fruits, c'est bien plus scientifique
(qui a dit chimique ?) que ça. |
Que
choisir donc ? Pourquoi pas un peu de Pocari Sweat. Les anglophones
sauront que "sweat" veut dire "suer" en
français. Est-ce une boisson qui fait suer abondamment
? Non, c'est ce qu'on appelle une boisson isotonique. Après
un effort elle permet de redonner au corps ce qu'il a perdu
et ce dont il a besoin. Si cette mode est relativement récente
en Europe, cette boisson est déjà ancienne au
Japon. Son créateur a eu la géniale idée
d'analyser ce qu'on perdait quand on suait et de synthétiser
tout çà pour en faire une boisson. Résultat
: elle a un petit arrière-goût de sueur (si,
si) qui doit être la preuve que sa composition est réellement
proche de la sueur humaine. Depuis que quelqu'un me l'a dit
je le remarque toujours. Elle est aussi légèrement
salée. Comme de la sueur quoi. |
Poursuivant
notre quête d'une boisson appropriée pourquoi
ne pas essayer le café ? Les boîtes de café
sont en effet nombreuses et portent toutes des noms plus ou
moins évocateurs du sombre breuvage. Il y a même
du café français (c'est son nom, pas son origine).
Ne vous attendez cependant pas à retrouver le goût
de votre espresso favori. Si certaines marques sont bonnes,
c'est loin de ce qu'un européen moyen appelerait un
vrai café. Il serait plus juste de parler de boisson
au café.
Si c'est bon où est le problème ? C'est que l'on
peut acheter du café en boîte chaud.
La présence de la couleur rouge aux environs du bouton
pour commander une boisson révèle à coup
sûr qu'il s'agit d'une boisson chaude. La boîte
est chauffée instantanément (un débutant
peut donc croire qu'il s'agit de café froid) et elle
est parfois très chaude ! C'est là qu'il faut
faire attention, lorsque vous la prenez. |
Au
Japon, le mieux est peut-être de boire traditionnel.
De très nombreuses variétés de thé vert
(chaud ou froid) sont disponibles. Le goût peut être
considéré par un palais occidental comme plutôt
léger mais on s'y habitude rapidement. Autre avantage
du thé vert, les boîtes sont faciles à reconnaître.
La couleur verte y est en général dominante et
pour peu que l'on apprenne à reconnaître le caractère
japonais "cha" (thé) on les trouve à coup
sûr. |
Une
règle de "survie" importante pourrait être
de ne pas se fier aux noms des boissons. Il existe par exemple
un café nommé "fire" qu'on pourrait
supposer être plutôt corsé, de même
que son cousin "super-fire", mais ils sont très
normaux. Les noms d'origine anglaise (ou même parfois
française) sont d'autant plus trompeurs que leur signification
est loin d'être respectée. Regardez par exemple
à droite la boîte de Green Black. Ça ne
veut rien dire comme couleur du "Green Black". On
voit bien cependant le caractère "cha" au
milieu de la boîte. C'est donc quelque chose avec du
thé vert. |
Attention aussi à ne pas acheter
par mégarde des boissons survitaminées, en général
des petites bouteilles avec une description de la composition
longues comme le bras. Elles sont destinées à soutenir
les salariés assommés d'heures supplémentaires
et de longs trajets dans les transports en commun.
Moralité : attention de ne pas vous brûler en prenant
les boîtes de boissons chaudes. Essayer toutes les boissons
bizarres du distributeur proche de votre domicile peut être
amusant et les surprises vraiment mauvaises sont rares. Et si
vous n'arrivez vraiment pas à faire votre choix dans les
"soft drinks", il y a sûrement un distributeur
de bière pas loin (et là pas moyen de se tromper).
Le Japon est décidemment plein de "choses différentes"
de chez nous jusque dans des petits détails comme les boissons
et c'est sans doute ce qui fait une partie de son intérêt.
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