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Châteaux
Si une visite au Japon comprend forcément le passage dans un certain
nombre de temples, les châteaux ne sont pas en reste. Presque chaque
ville en possède un en plus ou moins bon état de conservation.
Quelles sont donc les caractéristiques principales et les différences
avec nos châteaux occidentaux ?
La première c'est que la plus grande partie de ces châteaux
sont des copies. En effet les vicissitudes de l'histoire japonaise,
tant ancienne que moderne, ont fait que beaucoup de châteaux furent
détruits plus ou moins complètement. Bien souvent cependant,
ils furent reconstruits. L'exemple le plus connu est peut-être
le château d'Osaka, dont l'imposant donjon vu de loin ressemble
à un vrai château mais est en fait en béton et abrite
un musée historique (assez intéressant, mais presque exclusivement
en japonais) à l'intérieur. Un autre exemple moins connu
mais plus récent est le château de Kanazawa dont une partie
a été reconstruite (voir les photos
et le numéro 2 des chroniques).
D'un point de vue plus strictement architectural, la différence
saute aux yeux. Le château japonais est fabriqué essentiellement
en bois. Traditionellement, les bâtiments étaient construits
en bois au Japon, plutôt qu'en pierre. L'utilisation du bois posait
par contre des problèmes de sécurité et graduellement
les châteaux furent construits sur des murs de pierre soigneusement
empilées, parfois très impressionants (voir les photos
de 2000 et de 2001
des murs du château de Kanazawa).
Au cours de l'histoire du Japon, les châteaux changèrent
de rôle. Au début ils furent conçus uniquement pour
servir d'abri en cas de guerre. On trouve donc des châteaux appelés
yama-jiro (château de montagne) comme par exemple le château
de Matsuyama (à Takahashi, préfecture d'Okayama), seul exemple
encore existant d'un château de montagne comprenant un donjon.
Citons encore le château de Oka (à Takeda, préfecture
de Oita). Si une montagne n'était pas disponible, le château
était bâti en tirant parti de la proximité de la mer,
comme par exemple le château de Karatsu, construit à l'extrémité d'une
petite péninsule et ainsi naturellement protégé.
Plus tard les châteaux devenant le centre de l'autorité
locale et donc de l'administration, ils furent construits à des
endroits plus faciles d'accès. Ce furent les hirayama-jiro
(châteaux de colline). Le donjon était construit sur une
colline, tandis que les enceintes successives étaient construites
sur ses flancs. Le résultat était que le donjon semblait
vraiment dominer les environs, symbole idéal de la puissance
du maître des lieux. Le meilleur exemple en est certainement le
château de Himeji (dans la ville du même nom à proximité
de Kyoto et Osaka). Si une colline n'était à disposition,
le château devait être construit sur un terrain plat et
prenait alors le nom de hira-jiro (château construit sur
terrain plat). Un bon exemple en est le château Nijo (à
Kyoto). Ces types de château étant bien sûr moins
facilement défendables que des châteaux construits sur
des montagnes, un système complexe de douves et de murs formait
un labyrinthe appelé nawabari. Ce labyrinthe était
destiné à égarer l'ennemi qui tenterait de prendre
d'assaut le donjon principal en le forçant à faire de
longs détours, idéals pour le canarder de projectiles
divers.
Au cours des âges, l'architecture des châteaux s'est modifiée.
Un exemple d'architecture ancienne est le château de Maruoka
(dans la ville du même nom, préfecture de Fukui). C'est
le donjon authentique le plus ancien au Japon. Les châteaux plus
"récents" (1598 et après) sont nettement plus
grands et ont une allure beaucoup plus typique de "château
japonais" comme on les voit en général dans les reportages.
Après le début de l'Ère Edo, le shogunat interdisit
strictement la construction de châteaux. Si des constructions
imposantes furent encore faites pour les divers seigneurs locaux, elles
ne pouvaient plus prendre la forme de réels châteaux.
Pour une visite virtuelle de beaucoup de
châteaux japonais, rendez-vous sur le site (en anglais) Castles
of Japan.
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Nippon Star System
Par notre délégué aux
affaires culturelles
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Comme partout dans
le monde, il y a au Japon des stars. Non seulement elles divertissent
le peuple fatigué de sa longue journée de travail,
mais elles fournissent aussi des sujets de conversation et
permettent à beaucoup de rêver en les regardant.
Jusque là rien de bien sensationnel. Examinons donc
les différences avec les stars connues chez nous. |
La première c'est qu'à part
de très rares exceptions, elles sont complétement
inconnues chez nous. Certaines étendent leur "zone
d'influence" jusque dans certains pays asiatiques proches
mais ça s'arrête là. Par contre à l'intérieur
du Japon, tout le monde (ou presque) les connaît.
Autre différence de taille, leur profession exacte est difficilement
discernable pour le profane. En effet, elles allient passage à la
télé (sous les prétextes les plus divers), publicités
(pour les produits les plus divers), chansons, tournage de séries
ou de films et d'autres choses encore. Le nom japonais pour ce
"métier" est "talento" (qui vient du
mot "talent"). Si tous ces artistes en ont un (de talent)
c'est surtout celui d'avoir réussi à se placer là.
Car une fois bien en place ils n'en bougent pas.
Un des exemples le plus frappant est le groupe SMAP (un boys band
japonais). En effet le groupe ne fait pas que chanter et vendre
des disques, mais ses membres animent aussi une émission
culinaire, proposent un programme de courts-métrages réalisés
par eux. Isolément ils tournent dans beaucoup de séries
(appelées drama ici, voir numéro
précédent des Chroniques) et font pas mal de publicité (la
dernière en date c'est pour du café). Il est presque
impossible de ne pas voir, dans le courant de la journée,
au moins l'un des membres à la télévision. Si
chez nous le mélange d'activités diverses et variées
donnerait à la star une image très ringarde, voire
de nullard patenté, au Japon ça n'est pas le cas.
Souvent le palmarès d'une star indique ses disques, ses
films, ses séries, ses émissions télé et
ses publicités aussi.
Mais SMAP n'est rien façe à un autre pilier du petit
écran : Sanma (le premier en photo à gauche). Il figure
paraît-il dans le Guiness Book des records (je vous laisse
vérifier), comme l'animateur qui passe le plus à la
télévision. C'est sûr qu'il y est souvent ! En
zappant à toute heure, on a 50 % de chances de le trouver
quelque part. Sa principale caractéristique est de rire
tout le temps. Il anime toutes sortes d'émissions, en général
dans le registre comique. Il est entouré d'une bande de
"disciples" qui participent à ses créations
(trois disciples sont en photo). Sa popularité est extrême.
On peut trouver plusieurs sites sur le web japonais avec des livres
d'or remplis de messages pour lui.
Un autre pilier est Mino Monta (pas de photo). Il anime notamment
la version japonaise de "Who wants to be a millionaire".
Mais il ne s'arrête pas là. Son émission matinale
donnant des conseils diététiques aux ménagères
de l'archipel nippon doit être très regardée.
D'ailleurs il suffit qu'il dise que telle chose est bonne pour
telle partie du corps pour que les ventes augmentent dans tous
les supermarchés.
La plupart des émissions de variété ont
leur petite dizaine d'invités. Toujours des "talento".
Pareil pour les émissions documentaires (sur les animaux,
les problèmes de société, etc.). Une brochette
de talento est là et le reportage est interrompu pour leur
permettre de faire un quizz sur le sujet du jour (et de faire
des gags aussi bien sûr) ou de réagir à chaud.
On retrouve souvent d'une émission à l'autre les mêmes
invités. Certains semblent même plus doués que
d'autres pour se faire "inviter" souvent. Le paroxysme
est atteint dans les émissions ou plusieurs dizaines de
"talento" s'affrontent à coup de questions ou
de jeux plus ou moins intellectuels.
En résumé les différence sont cette espèce
de caste de stars (plus ou moins télé) qui occupe
l'écran le plus souvent (M. et Mme Tout-le-monde ont un
accès beaucoup moins facile que chez nous) et le côté multi-disciplinaire
de toutes ces personnes.
Pour mieux vous permettre de comprendre,
vous pouvez lire le résumé d'une émission.
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