Chroniques nippones - Irrégulebdomadaire

Numéro 18 - novembre 2001


 

Le chateau de KumamotoChâteaux

Si une visite au Japon comprend forcément le passage dans un certain nombre de temples, les châteaux ne sont pas en reste. Presque chaque ville en possède un en plus ou moins bon état de conservation. Quelles sont donc les caractéristiques principales et les différences avec nos châteaux occidentaux ?

La première c'est que la plus grande partie de ces châteaux sont des copies. En effet les vicissitudes de l'histoire japonaise, tant ancienne que moderne, ont fait que beaucoup de châteaux furent détruits plus ou moins complètement. Bien souvent cependant, ils furent reconstruits. L'exemple le plus connu est peut-être le château d'Osaka, dont l'imposant donjon vu de loin ressemble à un vrai château mais est en fait en béton et abrite un musée historique (assez intéressant, mais presque exclusivement en japonais) à l'intérieur. Un autre exemple moins connu mais plus récent est le château de Kanazawa dont une partie a été reconstruite (voir les photos et le numéro 2 des chroniques).

D'un point de vue plus strictement architectural, la différence saute aux yeux. Le château japonais est fabriqué essentiellement en bois. Traditionellement, les bâtiments étaient construits en bois au Japon, plutôt qu'en pierre. L'utilisation du bois posait par contre des problèmes de sécurité et graduellement les châteaux furent construits sur des murs de pierre soigneusement empilées, parfois très impressionants (voir les photos de 2000 et de 2001 des murs du château de Kanazawa).

Au cours de l'histoire du Japon, les châteaux changèrent de rôle. Au début ils furent conçus uniquement pour servir d'abri en cas de guerre. On trouve donc des châteaux appelés yama-jiro (château de montagne) comme par exemple le château de Matsuyama (à Takahashi, préfecture d'Okayama), seul exemple encore existant d'un château de montagne comprenant un donjon. Citons encore le château de Oka (à Takeda, préfecture de Oita). Si une montagne n'était pas disponible, le château était bâti en tirant parti de la proximité de la mer, comme par exemple le château de Karatsu, construit à l'extrémité d'une petite péninsule et ainsi naturellement protégé.

Plus tard les châteaux devenant le centre de l'autorité locale et donc de l'administration, ils furent construits à des endroits plus faciles d'accès. Ce furent les hirayama-jiro (châteaux de colline). Le donjon était construit sur une colline, tandis que les enceintes successives étaient construites sur ses flancs. Le résultat était que le donjon semblait vraiment dominer les environs, symbole idéal de la puissance du maître des lieux. Le meilleur exemple en est certainement le château de Himeji (dans la ville du même nom à proximité de Kyoto et Osaka). Si une colline n'était à disposition, le château devait être construit sur un terrain plat et prenait alors le nom de hira-jiro (château construit sur terrain plat). Un bon exemple en est le château Nijo (à Kyoto). Ces types de château étant bien sûr moins facilement défendables que des châteaux construits sur des montagnes, un système complexe de douves et de murs formait un labyrinthe appelé nawabari. Ce labyrinthe était destiné à égarer l'ennemi qui tenterait de prendre d'assaut le donjon principal en le forçant à faire de longs détours, idéals pour le canarder de projectiles divers.

Au cours des âges, l'architecture des châteaux s'est modifiée. Un exemple d'architecture ancienne est le château de Maruoka (dans la ville du même nom, préfecture de Fukui). C'est le donjon authentique le plus ancien au Japon. Les châteaux plus "récents" (1598 et après) sont nettement plus grands et ont une allure beaucoup plus typique de "château japonais" comme on les voit en général dans les reportages. Après le début de l'Ère Edo, le shogunat interdisit strictement la construction de châteaux. Si des constructions imposantes furent encore faites pour les divers seigneurs locaux, elles ne pouvaient plus prendre la forme de réels châteaux.

Pour une visite virtuelle de beaucoup de châteaux japonais, rendez-vous sur le site (en anglais) Castles of Japan.

 

Nippon Star System
Par notre délégué aux affaires culturelles 
Sanma
Banchi
Tamao
Takako
Comme partout dans le monde, il y a au Japon des stars. Non seulement elles divertissent le peuple fatigué de sa longue journée de travail, mais elles fournissent aussi des sujets de conversation et permettent à beaucoup de rêver en les regardant. Jusque là rien de bien sensationnel. Examinons donc les différences avec les stars connues chez nous.

La première c'est qu'à part de très rares exceptions, elles sont complétement inconnues chez nous. Certaines étendent leur "zone d'influence" jusque dans certains pays asiatiques proches mais ça s'arrête là. Par contre à l'intérieur du Japon, tout le monde (ou presque) les connaît.

Autre différence de taille, leur profession exacte est difficilement discernable pour le profane. En effet, elles allient passage à la télé (sous les prétextes les plus divers), publicités (pour les produits les plus divers), chansons, tournage de séries ou de films et d'autres choses encore. Le nom japonais pour ce "métier" est "talento" (qui vient du mot "talent"). Si tous ces artistes en ont un (de talent) c'est surtout celui d'avoir réussi à se placer là. Car une fois bien en place ils n'en bougent pas.
Un des exemples le plus frappant est le groupe SMAP (un boys band japonais). En effet le groupe ne fait pas que chanter et vendre des disques, mais ses membres animent aussi une émission culinaire, proposent un programme de courts-métrages réalisés par eux. Isolément ils tournent dans beaucoup de séries (appelées drama ici, voir numéro précédent des Chroniques) et font pas mal de publicité (la dernière en date c'est pour du café). Il est presque impossible de ne pas voir, dans le courant de la journée, au moins l'un des membres à la télévision. Si chez nous le mélange d'activités diverses et variées donnerait à la star une image très ringarde, voire de nullard patenté, au Japon ça n'est pas le cas. Souvent le palmarès d'une star indique ses disques, ses films, ses séries, ses émissions télé et ses publicités aussi.

Mais SMAP n'est rien façe à un autre pilier du petit écran : Sanma (le premier en photo à gauche). Il figure paraît-il dans le Guiness Book des records (je vous laisse vérifier), comme l'animateur qui passe le plus à la télévision. C'est sûr qu'il y est souvent ! En zappant à toute heure, on a 50 % de chances de le trouver quelque part. Sa principale caractéristique est de rire tout le temps. Il anime toutes sortes d'émissions, en général dans le registre comique. Il est entouré d'une bande de "disciples" qui participent à ses créations (trois disciples sont en photo). Sa popularité est extrême. On peut trouver plusieurs sites sur le web japonais avec des livres d'or remplis de messages pour lui.

Un autre pilier est Mino Monta (pas de photo). Il anime notamment la version japonaise de "Who wants to be a millionaire". Mais il ne s'arrête pas là. Son émission matinale donnant des conseils diététiques aux ménagères de l'archipel nippon doit être très regardée. D'ailleurs il suffit qu'il dise que telle chose est bonne pour telle partie du corps pour que les ventes augmentent dans tous les supermarchés.

La plupart des émissions de variété ont leur petite dizaine d'invités. Toujours des "talento". Pareil pour les émissions documentaires (sur les animaux, les problèmes de société, etc.). Une brochette de talento est là et le reportage est interrompu pour leur permettre de faire un quizz sur le sujet du jour (et de faire des gags aussi bien sûr) ou de réagir à chaud. On retrouve souvent d'une émission à l'autre les mêmes invités. Certains semblent même plus doués que d'autres pour se faire "inviter" souvent. Le paroxysme est atteint dans les émissions ou plusieurs dizaines de "talento" s'affrontent à coup de questions ou de jeux plus ou moins intellectuels.

En résumé les différence sont cette espèce de caste de stars (plus ou moins télé) qui occupe l'écran le plus souvent (M. et Mme Tout-le-monde ont un accès beaucoup moins facile que chez nous) et le côté multi-disciplinaire de toutes ces personnes.

Pour mieux vous permettre de comprendre, vous pouvez lire le résumé d'une émission.