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Chroniques nippones - Irrégulebdomadaire Numéro 6 - novembre 2000 |
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DES FRUITS QUI VALENT DE L'OR Par notre délégué aux affaires juteuses. Le Japon est paraît-il cher. C'est souvent vrai et parfois faux. Il y a cependant certains domaines où c'est incontestable. Par exemple les transports en commun, le logement ou les fruits. Oui ! Les fruits. Ceux du verger. En effet, au Japon pour être vendable un fruit doit être parfait. Une pomme doit être parfaitement ronde et ne pas porter la plus petite trace de coup ou d'insecte, sans quoi elle est invendable au détail et finira quelque part en confiture industrielle ou sirop. Il faut savoir aussi, que le Japon étant encore préservé de certaines maladies des végétaux, il applique des consignes d'importation très strictes, limitant d'autant la concurrence étrangère. Chaque fruit est souvent emballé séparément. Parfois avec un luxe certain de précautions, à tel point que l'on pourrait se demander s'il ne s'agit pas plutôt de bijoux. Les fruits de consommation courante sont encore abordables, mais les fruits à offrir peuvent atteindre des prix très élevés. Il faut dire que le fruit est un cadeau de choix. On apportera par exemple à un malade ou quelqu'un en train de se rétablir quelques fruits (symbole de bonne santé ? Hypothèse à vérifier). Prenons tout d'abord l'exemple du melon de luxe. Pareil melon, soigneusement emballé dans un papier (les spécialistes remarqueront que le papier reproduit une coiffe de tissu du genre de celles que portaient les samouraïs), puis dans une boîte en carton, la queue artistiquement coupée, se vend entre 4000 et 6000 yens. Fini les fruits trop ou pas assez mûrs. Ce genre de melon de luxe est livré juste à point. Ensuite les raisins. On voit à gauche la boîte puis son contenu. A noter la feuille de plastique bleu qui protège les raisins. Eux-mêmes sont bien installés dans des billes de sagex afin d'éviter tous les désagrèments du voyage. La marque de ce raisin enfin "Blue Améthyste", rejoint mes propos précédents sur les bijoux ! Ce raisin était très bon, mais pareille boîte vaut environ 3000 yens. Pour terminer, bien souvent, au-dessus de l'étal de fruit trône, telle l'image d'un leader vénéré, la photo du paysan qui a produit les fruits, avec son nom et l'endroit où il les fait pousser. C'est que le consommateur nippon aime savoir à qui il achète (on ne peut pas le lui reprocher). Ceux qui ont la possibilité de voir des sites web japonais, peuvent essayer de trouver un site de vente de fruits on-line et d'y chercher les photos des producteurs. Elles sont en général toujours présentes. |
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SUR LA ROUTE (1) Voici maintenant quelques mois que j'ai mon permis en poche et que j'écume les routes nippones, pour mon plus grand effroi. Le sujet est appelé à tenir une large place dans de prochaines chroniques. Pour commencer, au Japon, tout comme en Grande-Bretagne, on conduit à gauche. Ce détail surmonté (la densité du trafic routier fait qu'il est difficile de se tromper plus de quelques secondes) reste d'autres problèmes. Aux carrefours, les deux feux qui se font face sont verts simultanément. Ceux qui vont tout droit n'ont pas de problèmes, mais ceux qui tournent doivent prendre garde au trafic qui vient d'en face, parfois masqué par ceux d'en face qui cherchent aussi à tourner. Il convient de s'avancer jusqu'au milieu du carrefour (le point exact n'est pas toujours facile à définir) et d'y attendre le moment propice pour passer. J'ai vu le même système en Italie. Heureusement au Japon, les conducteurs font preuve de beaucoup plus de flegme qu'en Italie. Même dans des files parallèles très denses, il est toujours possible de changer en l'indiquant et en attendant que quelqu'un ralentisse pour vous laisser vous glisser. Dans ce monde parfois hyper-urbanisé, les véhicules peuvent prendre d'étranges formes et couleurs, qui me rappellent "Goldorak". La voiture montrée ci-contre est un exemple bien gentillet. Certaines sont presque dotées d'ailes. Les couleurs des carrosseries sont également parfois particulièrement rutilantes. Les carrosseries aux couleurs métallisées semblent être très à la mode. Je vous parlerai des décorations à l'intérieur des voitures, le jour où j'aurais pu prendre en photo les plus magnifiques, constituées de tubes bleutés clignotants, d'orchidées en plastique blanc ou de fausse fourrure rose. Enfin, regardez le panneau routier. Même ceux qui ne comprennent pas le japonais comprendront qu'il se passe quelque chose de particulier de 7:00 à 8:30. Mais quoi ? Et bien la rue et le pont qui la suit sont à sens unique durant cette période. On peut donc conduire sur deux pistes. Inutile de préciser qu'en face, un panneau invite les conducteurs à s'abstenir d'emprunter le pont de 07:00 à 08:30. Cette disposition particulière, mais pas rare, est destinée à permettre au fort trafic (tout le monde va au bureau à ces heures là) de mieux s'écouler. Il arrive cependant que quelqu'un qui n'est pas originaire de la région (je parle là simplement d'un Japonais d'une autre préfecture) s'aventure sur le pont, n'ayant pas vu le panneau. Le trafic s'écoule alors beaucoup moins fluidement... (ceux qui étudient le japonais peuvent essayer, en guise d'exercice, de déchiffrer le panneau).
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