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Chroniques nippones - Irrégulebdomadaire
Numéro 10 - mars 2001 |
| Un hiver japonais
Par notre délégué aux températures extrêmes
"O-Yuki" l'annonce de la météo veut dire "grandes chutes de neige". Le soir venu des flocons gros comme... ...comme de gros flocons s'abattent en rafales abondantes sur la ville. Le lendemain, trente centimètres de neige bloquent routes, voies ferrées et aéroports. La radio annonce que les enfants ne doivent pas être envoyés à l'école car les chutes de neige continuent. La plus grande prudence est recommandée. Malgré ces consignes deux citoyens trouveront la mort dans leur véhicule bloqué par la neige. Pour se réchauffer ils ont laissé tourner le moteur et les gaz d'échappement les ont asphyxiés. Comment cela se passe t'il au Japon l'hiver ? Pour bien commencer il faut savoir que le chauffage central n'existe pas. Bien qu'un des pays les plus en avance technologiquement, le chauffage central n'existe pas. Il existe sous forme de légende, certains en ont vu "à Hokkaido". D'autres jurent que dans telles maisons les propriétaires se chauffent sans kérosène. C'est un peu comme le yéti. On n'a pas de preuve de son existence. Donc certains se chaufferaient sans kérosène. Sans kérosène ? Attendez, est-ce que le sujet de l'article n'est pas l'aéronautique ? Non, non. Pour se chauffer, les Japonais utilisent des brûleurs portatifs plus ou moins perfectionnés. L'inconvénient est que ces brûleurs polluent l'air à l'intérieur des maisons. Il faut donc ouvrir sa fenêtre toutes les deux heures. Un autre inconvénient est qu'il fait très froid le matin en se levant... ...heureusement pour les patrons que les salariés nippons sont les plus disciplinés du monde. Il faut aussi aller régulièrement acheter du "toyuu", le kérosène, à la station service. Vous mettez de gros jerrycans bleus (tous les jerrycans sont bleus ici) dans votre coffre, vous allez à un endroit spécial de la station. L'employé ouvre votre coffre et fait le plein des bidons. À la maison restera à faire le plein des chauffages. Heureusement la, la technologie a produit des petites pompes électriques. Celle de mon logement est même dotée d'un détecteur anti-débordement. Dès que le réservoir est plein la pompe s'arrête et se met à couiner horriblement. Et les routes ? Qui les déblaient ? Personne pour les plus petites. Les autres disposent (à Kanazawa) d'un système de sprinklers. La température est froide mais la proche présence de la mer fait qu'elle descend rarement sous le zéro. Donc des sprinklers giclent de l'eau sur la route dès que de la neige tombe. De cette manière la neige fond tout de suite et ne s'amoncelle pas. C'est bien pour les voitures, mais moins pour les piétons. À moins d'être pourvus de bottes de caoutchouc, souliers et bas de pantalons sont vites transformés en éponges. En hiver on aperçoit donc souvent d'élégants hommes d'affaires en complet "Pierre Cardin", mais avec des bottes de caoutchouc "Pêcheur du dimanche" où leurs équivalents féminins en coquet tailleur et bottes de caoutchouc. Au Japon tout est un peu différent selon les régions. À Kanazawa, la neige est lourde. Gorgée d'eau elle est dangereuse pour les arbres. Surtout les arbres des jardins japonais aux formes étudiées. Avant l'hiver on les gratifie donc de protections spéciales pour que leurs branches ne soient pas brisées par la neige, appelées "yuki-tsuri" ou "yuki-gakoi" selon leur forme. Les jardins de Kanazawa et de ses environs ont donc un aspect peu banal à cette saison de l'année (voir à ce même sujet la rubrique photos). Conclusion : l'hiver est dur au Japon. À
cause des fortes chutes de neige certains pendulaires ont dû dormir
à l'hôtel ou au travail. Ceux qui sont à la maison
se les gèlent ou étouffent dans les vapeurs de kérosène
(j'exagère un peu là..;-), on comprend donc mieux pourquoi
la fleur de cerisier, signe que le printemps est de retour est tellement
populaire au Japon. Finalement le seul endroit où il fait bon passer
l'hiver ce sont les "onsen", les sources chaudes japonaises. Je vous laisse
je dois aller ouvrir la fenêtre et après faire le plein du
chauffage.
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Chez le docteur
Par notre spécialiste des questions douloureuses
Pas besoin de rendez-vous (sauf chez le dentiste, chez qui on attend quand même des heures). La première chose à faire est de vous rendre au comptoir ou une sympathique demoiselle (ou dame) en blouse blanche vous remettra un questionnaire, où l'on doit mettre, outre ses coordonnées, divers renseignements cliniques (allergies, maladies passées ou présentes, problèmes héréditaires dans la famille) parfois bizarre, comme la rubrique où vous devez indiquer si vous venez suite (ou pour) à (souligner la réponse correcte) : 1. Maladie 2. Accident de travail 3. Accident de la route 4. Contrôle médical 5. Vaccination 6. Autres. Que doit indiquer un professionnel de la route accidenté au volant ? 2 ou 3 ? Ensuite, il faut attendre. Vous êtes appelé par votre nom quand c'est votre tour. Les docteurs sont en général plutôt expéditifs mais ne négligent pas les examens détaillés avec toutes sortes d'appareillages derniers cris. En sortant, vous attendez de nouveau et on vous appelle ensuite pour d'une part payer la partie de votre facture qui n'est pas remboursée par l'assurance (en général 20 %), d'autre part recevoir vos éventuels médicaments. Il y a là une piste intéressante pour nos systèmes de santé occidentaux qui croulent sous les déficits. Vous ne recevez que des médicaments pour trois jours. Après ces trois jours vous devez revenir, faire une nouvelle visite au docteur et vous recevrez alors les mêmes médicaments, d'autres médicaments, ou plus rien si on estime que vous êtes guéri. Les malades chroniques n'ont bien sûr pas besoin de revenir tous les trois jours. Ce système évite les énormes emballages dispendieux qui finissent à demi-entamé au fond des armoires à pharmacie. Pour ceux que la médecine usuelle ne convainc pas, le Japon (comme tous les pays d'Asie) est riche en médecines alternatives. Tout d'abord "kanpou", qui signifie médecine chinoise. Il s'agit en fait de médecine à base d'herbes diverses (d'autres ingrédients tout à fait exotiques sont parfois aussi utilisés...). Le but n'est pas seulement de combattre la maladie mais aussi de renforcer le corps là où il est affaibli. "Hari", l'acupuncture japonaise, ressemble à la nôtre comme deux aiguilles identiques. Ensuite, la sympathique "kyuu" : de petites quantités de artemisia vulgaris (connue sous le nom vulgaire de moxa), sont brûlées à certains endroits précis du corps (les mêmes points précis que dans l'acupuncture). Si le moxa est brûlé sur la peau c'est plutôt douloureux. On met donc souvent une tranche d'ail ou de gingembre entre la peau et le moxa. Enfin le "shiatsu", le massage japonais. Il consiste à appuyer (parfois très fort...) sur certains points et avec une force différente selon le but recherché. On l'appelle parfois acupressure. Voilà ! Portez-vous bien. Voir aussi
les kanji pour les noms des spécialités
médicales à la rubrique langue japonaise. Je précise
aussi que tout ce qui précède ne concerne pas les cas d'urgence
pour lesquels il existe un service de secours assuré par les pompiers.
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