Le terme kimono tout d'abord, montre bien l'origine simple du vêtement aujourd'hui très élaboré. Le premier idéogramme "ki" signifie "mettre, se vêtir", tandis que le deuxième "mono", signifie simplement "une chose". Au sens étymologique du terme, kimono veut donc dire "quelque chose dont on se vêt".
 
 

FORMES  MATÉRIEL  SPECIALITÉS RÉGIONALES  PHOTOS
 
 
 

Kihachijô
Ces kimonos sont fabriqués à la main sur l'île de Hachijô depuis de très nombreuses générations. La technique utilisée est le omeshi kazuri. Ils tirent leur extraordinaire couleur jaune d'uen teinture faite avec une herbe particulière à cette île. De nos jours les véritables kimono kihachijô sont devenus extrêmement rares, mais des kimono leur ressemblant sont produits (en laine et pas en soie) dans la ville de Isezaki. Ces nouveaux kimono ont connu un grand succès.
Yûki Tsumugi
Les véritables kimono Yûki Tsumugi viennent de la ville de Yûki dans la préfecture d'Ibaragi. Leur histoire remonte au 14ème siècle, où ils furent présentés au gouvernement par le clan Yûki, duquel ils tirent maintenant leur nom. Comme certains autres kimono rares et chers, malgré leur prix, ils ne peuvent être utilisés pour les occasions solenneles. 
Des techniques particulières sont utilisées pour tirer leur soie de certains cocons sélectionnés. Un artisan expérimenté a besoin d'au moins 30 jours pour produire assez de soie pour un seul kimono. Ils sont réputés pour leur solidité et leur durabilité. Plus ils sont portés, plus ils deviennent beaux et doux. 
Bingata
Bin veut dire cramoisi en japonais et kata veut dire stencil. On comprend donc que les couleurs vives sont fréquemment utilisées et quelle technique de teinture est à l'oeuvre.  Ce style de kimono est fabriqué à Okinawa. Il ya longtemps il était reservé à la noblesse d'Okinawa. Toutes les couleurs produites naturellement sont utilisées : blanc, jaune, rouge, violet, pourpre, indigo, turquoise. Le cramoisi est spécialement utilisé. Les kimono bingata savent rendre pleinement l'atmosphère particulière et chaude de la vie au sud. Les motifs utilisés : plantes, animaux, maisons, bateaux, éventails, sont cependant communs à tous les kimono japonais.
Tôkamachi
Ces kimonos sont originaires de la plaine de Tôkamachi, dans la préfecture de Niigata. Le dur climat de cette région a fait ses habitants coriaces, et leur production unique. La plaine de Tôkamachi est complétement entourée de montagnes et les précipitations y sont abondantes. Le degré d'humidité de l'endroit est donc identique jour et nuit. Ce sont des conditions idéales pour filer, qui ont sans doute grandement favorisé l'émergence d'une industrie textile locale.
Akanezome
Deux plantes qui poussent en abondance dans la préfecture d'Iwate donnent diverses teintures particulières, dont un pourpre profond, qui est le signe distinctif de ces kimono. La teinture est appliquée au fil par un procédé lent, qui prend de longs mois. Ensuite seulement il est utilisé pour fabriquer un kimono.
Longtemps, les Japonais crurent que ces teintures protégeaient des maladies.
Hakata Obi
Cette technique de tissage commenca quelque 700 ans auparavant grâce à un homme du nom de Yasôemon Mitsuda. Durant six longues années il partit étudier l'art du tissage en Chine. À son retour il réussit à implanter sa technique dans les atelires familiaux et plus tard envoya ses propres enfants étudier en Chine. Leurs efforts conjugués donnèrent naissance à ces fameux tissages.
Les obi hakata sont aussi parfois appelés kenjô, ce qui signifie tribut. Car des obi était envoyés chaque mois de mars, au shogun par le seigneur local. Ils étaient toujours au nombre de cinq dans cinq couleurs différentes qui symbolisaient les préceptes de la dynastie chinoise Sui : le pourpre pour la vertu, le rouge pour la rectitude, le jaune pour la sincerité, le bleu pour la sagesse et le vert pour l'humanité.
Yonezawa
Ces produits sont originaires de Yonezawa, dans la préfecture de Yamagata. 200 ans auparavant, le sage seigneur local, fit venir des experts depuis Ojiya pour enseigner les techniques de fabrication dans sa juridiction. Une fabrique fut installée dans les murs même du château, où les enfants des familles de samouraï vinrent étudier les techniques textiles. De nos jours les produits de Yonezwa sont très variés, allant du kimono au haori, en passant également par des vêtements de style occidental.
Ojiya Chijimi
À cause des chutes de neige importantes, aucune culture ne peut être faite à Ojiya (préfecture de Niigata). Les conditions sont par contre parfaites pour produire un fil spécial qui nécessite un haut degré d'humidité. Les produits de cette région ont donc été désignés "biens culturels intangibles" par le gouvernement. L'histoire de ces produits remontent à 300 ans auparavant, quand un samouraï sans maître, du nom de Jirô Hori, vint s'établir dans la région avec sa femme et sa fille. Il fut totu de suite attiré par le tissu produit dans la région et se consacra à l'améliorer. Grâce à ses efforts , ce tissu est aujourd'hui très prisé pour les kimonos d'été, à cause de sa légéreté.
Tôkamachi
Comme Ojiya, Tôkamachi est dans la préfecture de Niigata et se retrouve enfoui sous une épaisse couche de neige en hiver. On raconte que cette production commenca parce que les habitants de Tôkamachi devaient s'occuper durant toute la partie de l'année où ils restaient cloîtrés chez eux. Originellement, on utilisait de la matière première "sauvage" qui était nettoyée et blanchie avec de la neige avant d'être utilisée.
Kiryû
Kiryû dans la préfecture de Gunma est un centre textile d'importance nationale. Il n'est qu'à deux heures de Tokyo, proche des rivières Oirase et Kiryû. La rivière Kiryû, très claire, est souvent comparée à la rivière Kamo de Kyoto. Comme dans la rivière Kamo, on peut y voir de longues bandes de tissu yuuzen en train d'être affinée par le flot de la rivière. De nos jours, la plus grande partie des obi utilisés au Japon sont fabriqués à Kiryû. 
On raconte que la production textile commenca parce qu'un jeune homme du village tomba amoureux d'une dame de la cour impériale, Dame Shirataki. Les poèmes qu'il lui écrivit étaient si beaux, comme l'Empereur autorisa Dame Shirataki à aller vivre avec lui à Kiryû. Ils vécurent heureux. L'histoire ne dit pas si ils eurent beaucoup d'enfants, mais elle dit qu'ils élevèrent beaucoup de vers à soie et filèrent le fil. Quand ils furent devenus habiles à travailler la soie, ils partagèrent leurs connaissances avec les habitants du village de Kiryû (ce n'était qu'un village à cette épouqe là).
Ils sont toujours révérés comme les protecteurs du textile au Sanctuaire Shirataki de Kiryû.
Chichibu Meisen
La région de Chichibu dans la préfecture de Saitama a un climat favorable à l'élevage du ver à soie. Reconnu pour ses couleurs et sa durabilité le Chichibu Meisen est surnommé "oni (démon) Chichibu". La production et la popularité de ce produit ont beaucoup décliné depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. La région de Chichibu essaie maintenant de redonner son lustre d'antant à ses produits.
Murayama Ôshima
La soie kasuri produite à proximété de Tokyo aux environs de Shimo Murayama est appelée Murayama Ôshima. La différence avec le véritable Ôshima est que les tintures utilisées sont chimiques. Les motifs sont également quelque peu différents. Le prix lui aussi est différent, puisque le Murayama Ôshima ne coûte qu'un tiers du prix du Ôshima traditionnel.
Komatsu Satin
Le satin (rinzu en japonais) est un type de tissu de soie. La technique fut importée de Chine environ 400 ans auparavant et utilisée pour la première fois dans le quartier de Nishijin à Kyoto. Après la guerre cependant la ville de Komatsu (connue pour sa soie depuis plusieurs siècles) devint le centre principal de la production de satin. Komatsu est une petite ville à proximité de Kanazawa. Elle devint jadis un centre de production de la soie grâce au mécénat du clan Maeda (retenez ce nom il reviendra souvent dans les Chroniques Nippones). Le satin de Komatsu est un des tissus les plus prisé pour la fabrication de kimono.
Iyo Kasuri
Le tissu de coton kasuri produit dans la préfecture de Ehime est appelé Iyo Kasuri. On raconte que sa fabrication commenca grâce à une femme nommée Kagiya Kana. Quand sa maison fut réparée, elle remarqua qu'aux endroits où les bambous utilisés pour sa maison avaient été attachés par une corde, des dessins étaient apparus. Cette coïncidence lui permis de découvrir le procédé kasuri. 
Ressemblant au kurume kasuri, la couleur du Iyo kasuri est un bleu profond. Le fil est teint plus de 10 fois avec de l'indigo. Les fils sont attaché, formant ainsi des motifs. Aussi simple qu'il puisse paraître, le Iyo kasuri est un tissu très attractif.
Kurume Kasuri
Ce tissu provient de la région de Kurume dans la préfecture de Fukuoka. Il fut inventé il y a environ 200 ans par Unoue Den. Quand elle était enfant, elle avait un talent particulier pour tisser. Un jour, alors qu'elle avait treize ans, elle eut l'idée d'utiliser un vieux kimono pour fabriquer du kasuri. Elle décida d'imiter les ombres et les clairs du tissu usagé en attachant les fils d'une certaine manière avant de les passer dans le métier à tisser. Le résultat fut un intéressant tissu bleu à points blancs. Cette découverte fut très importante pour l'industrie textile et cette femme devint célèbre. Elle figurait encore il y a peu dans les manuels d'histoire japonais.
Miyako Jôfu
Ce produit est originaire des îles Miyako et Hirara au sud-ouest d'Okinawa. Il est renommé comme produit de luxe pour les kimono d'été. Il a un chatoiement particulier, obtenu en utilisant de l'amidon de pommes de terre lors de sa fabrication.
La laine
De nos jours, la laine est utilisée pour les kimono informels et de tous les jours. Depuis l'introduction de la laine, les kimono ont beaucoup changé. Avant, quand un kimono d'hiver était défraichi, il devait être lavé et recousu, une tâche fastidieuse. La laine par contre peut être recousue à la machine et supporte le nettoyage à sec. Dans le passé, tous les kimono (sauf ceux d'été) étaient doublés pour qu'ils soient un peu plus chauds. Les kimono de laine, même non doublés, sont chauds ce qui fut une raison importante pour leur grande popularité.
Après la guerre, les régions de Isezaki et de Kiryû se convertirent à la fabrication de kimono en laine. Même dans le quartier de Nishijin à Kyoto, les métiers à tisser furent modifiés pour travailler la laine. Maintenant une bonne moitié de la production de kimono en laine vient de Nishijin.