Chobits par J.C. (alias Rillette Master)
Il fait beau, les oiseaux chantent et la foule vous presse hors de la station de metro. Vous tombez alors nez à nez avec une jeune fille aux oreilles étranges et aux pupilles inexistantes qui donne d'un ton monocorde les indications pour se rendre à son rendez-vous à l'homme qui se tient à ses côtés. Personne ne prête attention à la scène, vous êtes bien le seul à qui ça paraît bizarre. Maintenant les ordinateurs ont visage humain et vous font la conversation. Ce n'est pas si loin que ça. C'est peut-être même demain. Bienvenue dans l'univers de Chobits, la dernière création du studio Clamp.

Ainsi notre héros Motosuwa Hideki , jeune homme de 18 ans timide et naïf, débarqué de sa campagne pour rentrer en prepa à Tokyo et y décrocher une entrée à l'université. Mais à peine arrivé le voilà qui s'extasie (à haute voix, voir même en hurlant) devant une boutique de persocon (ces ordinateurs humanoïdes qui peuplent désormais les rues) sous le regard suspicieux de la foule amassée. Penser à haute voix c'est une habitude que l'on ne perd pas facilement, même si cela peut mettre dans des situations souvent cocasses. C'est d'ailleurs ainsi que la concierge de son nouvel immeuble le surprend entrain de " penser " aux sites pornos auxquels il pourrait accéder s'il avait un persocon. Plus tard il en trouvera d'ailleurs un (un persocon, pas un site porno), abandonné à côté des ordures. Trop content pour laisser passer l'occasion, il embarque la superbe créature à moitié dénudée et tente de l'allumer une fois rentré chez lui. Ce qu'il aura le plus grand mal à faire vu que l'interrupteur se trouve dans un endroit assez incongru, voir deconseillé aux moins de 18 ans. Après un effort surhumain pour lutter contre sa timidité il parvient enfin à éveiller le mysterieux persocon.

Après ce resumé assez epuré du premier épisode, on arrive neanmoins à sentir la substance de cette excellente série :
-de l'humour un peu ecchi
-des personnages attachants
-des problematiques actuelles
Décidement CLAMP fait mouche à tous les coups. CLAMP pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le nom sous lequel se cachent quatre petites bonnes femmes, reines incontestées du shoujo manga :Nanase Ohkawa, Mokona Apapa, Mick Nekoi et Satsuki Igarashi. Leurs productions, plutôt tournées vers le jeune public féminin, ravissent en fait tous les amateurs de mangas romantiques. J'ai d'ailleurs remarqué dernièrement les étonnantes ressemblances entre certaines situations dans leurs séries et dans les romans de Tolstoï. Donc, quand je vous parle de romantisme, je parle bien du romantisme du XIXeme siècle, revu, bien entendu, à la sauce japonaise. Leurs productions les plus récentes ont toutes étés de grand succès, tant en version manga, qu'en adaptation anime. En effet, qui n'a jamais entendu parler de Cardcaptor Sakura, ou bien d'Angelic Layer (tous 2 edités en France)?

Ici notre quatuor de génie nous pond un conte moderne qui renoue avec certains thèmes de la science-fiction de nos aïeux. Dans ce futur alternatif, les rues sont peuplées de ces ordinateurs si humains et si utiles. Ils sont caissiers à l'épicerie, serveurs dans un restaurant, ils vous font la conversation en attendant votre rendez-vous, accompagnent vos enfants à l'école. Ils savent tout faire, et même mieux que nous.
Il existe toute sortes de modèles : des femmes, des hommes, des adultes, des enfants, des petits, des grands. Ils sont si ressemblants aux êtres humains que Hideki confond parfois les deux. Troublant non ? Et ça l'est encore plus quand on sait que certaines personnes tombent amoureux de ces persocons. Cela ne vous rappellerait-il pas un certain Blade Runner de Ridley Scott ou encore un Metropolis (aussi bien la version anime de Rintaro que le film de Fritz Lang). Le thème n'est ici pas abordé d'une facon aussi sombre que par ces predecesseurs, mais plutôt avec distance comme s'il s'averait de faits contemporains. Les auteurs ne condamnent d'ailleurs pas cet amour contre nature entre humains et machines. Même si ce sont des marionnettes programmées, elles sont programmées pour agir comme des êtres humains et c'est normal qu'on en vienne à avoir des sentiments à leur egard. Mais ce sont les personnages qui apporteront à travers leurs experiences personnelles des regards plus ou moins durs sur la situation. En fait je crois bien qu'à travers cet attachement aux persocons que certains personnages dénoncent dans la serie, se cache le phénomène du " hikikomori " au Japon. Cet enfermement des jeunes dans un univers de fiction qu'ils ont créé pour échapper à la réalité.

À m'entendre parler on finirait par croire que Chobits est une série dramatique. Il n'en est absolument rien, bien au contraire. C'est surtout une comédie romantique très réussie qui tourne autour de notre tandem de choc, Hideki et Chii la jolie persocon qu'il a recupérée. En effet celle-ci à son reveil ne sait rien dire d'autre que Chii. Sa mémoire étant alterée, elle devra tout réapprendre grâce à notre héros propulsé malgré lui professeur de choses. Cela tourne assez souvent au burlesque voir au mime tant notre Hideki est démonstratif et c'est sans se faire prier que Chii le singe dans ses gesticulations, sans parler des allusions un peu ecchi (cochonnes) qui pleuvent au cours des épisodes. C'est compréhensible car Hideki est un jeune homme de constitution normale. Et c'est toujours très drôle de le voir virer à l'écarlate tous les matins lorsqu'il se réveille aux côtés d'une Chii si jolie et à moitié nue dans son lit. Nos quatre dessinatrices s'en donnent à coeur joie lorsqu'il s'agit de tourmenter le pauvre ronin sans le sou, en peuplant son environnement de filles plus jolies les unes que les autres. Chobits n'est pas vraiment une série à scénario, même s'il y a de nombreuses choses qui nous titillent quant aux origines mystérieuses de Chii. Pour mieux comprendre la série il faut en fait s'intéresser surtout aux personnages.


Une série bien sympathique en somme

Chobits est donc une série bien sympathique, très bien accompagnées par d'excellentes musiques. Celles-ci, pas très nombreuses je dois l'avouer, rythment malgré tout le quotidien d'Hideki et de Chii et participent à cette impression si agréable de complicité et d'intimité avec les personnages. Elles vous bercent et vous mettent en joie pour la journée. Parmi mes préferées je vous conseille le deuxieme ending "Ningyo hime" (déchirant de nostalgie) et "Kata no koi", la version ou Hideki et Chii chantent en duo (j'écoute ça le matin et tout va bien ^___^). Les graphismes quant à eux sont un peu hybrides entre le design assez riche et kawaii habituel du studio Clamp et celui un peu plus brute de Angelic Layer. Je dois même vous avouer que lors du visionnage du premier épisode j'ai trouvé Hideki bizarre, ses yeux me faisant un peu peur. Mais on se rend bien vite compte que c'etaient les intentions de l'auteur, de faire un design à part pour Hideki. Car justement il est à part. Et ce n'est pas à cause de son physique, mais bien à cause de ce qu'il est que Chii va tomber amoureuse de son maître.
Au niveau de la réalisation, je n'ai rien à redire. Non pas qu'elle soit audacieuse ou innovante. Mais parce qu'elle atteint son but : faire rentrer les spectateurs dans le quotidien d'Hideki. Chaque épisode est rythmé par les mêmes rites: lever et petit-déjeuner avec Chii et Sumomo, partir à l'école avec Shinbo, rentrer prendre Chii a la sortie du travail , partir aux baito pour gagner un peu d'argent, et enfin travailler un peu avant de sombrer dans des reveries erotiques mettant en scene son professeur dans des tenues dignes de ses revues erotiques, qu'il a de plus en plus de mal a cacher hors du regard de la curieuse Chii.
Vous voilà désormais au fait de cette excellente (selon moi) série que je vous recommande chaudement. Âmes sensibles prenez garde et munissez vous de mouchoirs parce que plus d'un épisode vous tirera une petite larme: c'est trop beau l'amour ! Attention tout de même à ce que cette série ne tombe pas dans les mains d'enfants, trop de sous-entendus salaces pouvant nuire à leur éducation ;p. Notez aussi que contrairement à la série, le manga Chobits paraît en France. Les 2 premiers tomes étant d'ores et déjà disponibles. Je n'ai malheureusement pas eu le bonheur de les lire. Vivement que j'aie mon argent de poche !!!

En espérant que cet article vous aura plu, à la prochaine !

Les 2 premiers volumes sont disponibles en français et le troisème prévu pour bientôt (cliquez-dessus pour davantage d'informations):


ci-dessus, le volume 1.

Volume 2

Volume 3

Au Japon, il est paru jusqu'au numéro 8 en manga. Le dessin animé tient quant à lui également sur 8 DVD + 1 DVD hors-série.


Pour commander (en français) tout article paru au Japon dans les meilleures conditions, une bonne adresse: