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Ramen |
On en trouve partout au Japon, c'est
bon, c'est bon marché, qu'est-ce que c'est ? Ce sont les ramen (prononcer
"laa mène"). Les ramen sont des nouilles à la lointaine
origine chinoise. Elles sont bouillies et servies dans une soupe, accompagnées
(ou surmontées) de divers ingrédients supplémentaires. Jusque
là c'est très simple. Où tout se complique c'est quand les
Japonais s'en mêlent. En effet, il existe d'infinies variations sur le
thème. Essayez d'ailleurs de demander à un Japonais quelles sont
les sortes de ramen qu'il préfère (demandez qu'il vous explique
en quoi ça consiste aussi). La conversation est lancée, vous pouvez
l'écouter en tout cas une demi-heure.
Si les ramen sont servies dans des chaînes de restaurants, car il existe
des chaînes de restaurants de ramen (l'équivalent du Mac Do pour
les nouilles, avec par exemple : nandenkanden ou hachi-ban ramen), elles le
sont aussi souvent des des restaurants indépendants. Les restaurants
de ramen se caractérisent par leurs dimensions souvent très réduites
et leur décoration, le plus souvent absente. Contrairement aux restaurants
habituels, où les restaurants propres et élégants sont
les mieux cotés, les restaurants de ramen doivent être moches et
un peu sales pour être "un bon restaurant de ramen". C'est là
un des nombreux paradoxes japonais. Chacun de ces restaurants indépendants
(il doit y en avoir plusieurs milliers sur tout le Japon) a son "truc"
pour faire de bonnes ramens.
Comment s'y retrouver ?
Les trois premiers points importants sont :
La taille des nouilles. Cela va des grosses et larges aux fines et étroites
(presque comme des cheveux) avec toutes les possibilités entre deux. En
japonais, on dit "hosoi" pour dire mince, et "futoi" pour
dire large, épais.
Après, la forme des nouilles. Sont-elles "sutoreto" (straight)
ou "chijire" (en tortillon). Là aussi, toutes les possibilités
entre la ligne droite et la spirale complète existent.
Enfin, la soupe dans laquelle sont servies les ramen. Est-elle épaisse
ou claire ? En japonais, cela donnera "kotteri" ou "assari".
Dans certains restaurants de ramen, on vous demande comment vous voulez votre
soupe (plus ou moins épaisse). On peut se rabattre sur le mot "futsu"
qui veut dire "ordinaire" (ni très claire, ni très épaisse).
Il n'existe pas de combinaison gagnante. Chacun a
ses préférences et chaque restaurant de ramen à ses spécialités
et ses trucs secrets.
La soupe
La soupe est un élément important. Elle peut être obtenue de
différentes manières. Elle ressemble un peu a du bouillon (occidental)
mais ce n'est pas exactement du bouillon. Les principaux types de soupes que
l'on peut trouver sont :
Shouyu (prononcer: shoo - you), la sauce de soja est la base utilisée
pour donner du goût.
Tonkotsu (prononcer: tonne - ko - tsou), diverses parties plus ou moins
nobles du porc sont cuites longtemps pour obtenir la soupe. Mieux vaut ne pas
demander la recette, ça pourrait couper l'appétit de certaines personnes
(en général on utilise des os).
Miso (prononcer : misso), le miso est une pâte obtenue à partir
d'haricots de soja fermentés.
Shio (prononcer: shi-o), c'est simplement du sel.
Les ingrédients supplémentaires
Ils sont vraiment là juste pour le goût et le coup d'oeil. Ce qui
nourrit dans un bol de ramen, ce sont les nouilles et la soupe. En général
on trouve des petits oignons hachés fin, des tranches (parfois très
fines) de viande et des nori (algues). Les diverses "sortes" proposées
dans les restaurants de ramen sont en général simplement des variantes
de la sorte de base, à laquelle on aura ajouté quelques ingrédients
supplémentaires. Citons rapidement les plus célèbres : chashu
(tranches de rôti de porc), wantan (boulettes de viande), chanpon (prononcer
: tchan - ponne, mélange de légumes et de viande), tamago (oeuf).
Variantes régionales
Comme toujours au Japon, ça change selon les régions. Impossible
d'en parler en détail, il faudrait un site entier et une armée d'enquêteurs
pour le faire. Les "styles" les plus connus, sont le style de Tokyo,
celui de Kyoto, de Hokkaido, d'Osaka et de Kyushu. Un puriste vous dira qu'il
y a en fait dans chacun de ces endroits plusieurs styles, mais certains traits
communs peuvent être observés. De nos jours le style n'est plus lié à la
géographie. On peut trouver des ramens à la mode d'Hokkaido en plein
Tokyo et réciproquement. Certains styles sont parfois plus à la
mode que d'autres. Ainsi récemment (juin 2001) une émission de télévision
(avec un Docteur ès ramen) annonçait que le style de Kyushu tombait
en désuétude.
Le prix ?
Les ramen sont vraiment un plat populaire. Le prix pour un bol de ramen
va de 500 yens à 900 yens. Mais on peut en trouver à 300 yens par
exemple sur les quais de gare (de minuscules restaurants où l'on mange
debout). Dans certains restaurants, si on a mangé toutes les nouilles,
on peut demander une nouvelle ration de nouilles fraîchement bouillies
qui sera simplement servie (voire jetée) dans votre bol où vous
aurez pris soin de laisser de la soupe.
Si un fanatique de ramen lis ces lignes, qu'il (ou elle) me pardonne si je n'ai
pas mentionné SA sorte préférée. Il y a en effet des
fanatiques de ramen qui se refilent les bonnes adresses. Les vrais fanatiques
ne se les refilent qu'entre eux, pour éviter que leur restaurant favori
ne soit envahi de non-initiés.
Si vous en avez l'occasion, regardez le film japonais qui s'appelle "Tanpopo"
(pissenlit) de Jûzo Itami. C'est l'histoire d'une femme dont le magasin
de ramen va à la faillite et qui est aidée par un camionneur au
coeur d'or. C'est très drôle et ça montre bien la relation
très forte entre nourriture et vie quotidienne pour les Japonais (pour
les détails du film envoyez un mail).