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(Attention,
cet article contient une forte dose d'ironie) Des élections
ont lieu en ce moment même au Japon. Ce sont les élections
locales, pour élire les dievrs conseillers municipaux. Le
nombre de candidats, vu à l'échelle du Japon est donc
très élevé. Ici, dans ma ville (20'000 habitants)
19 candidats se disputent les 17 sièges disponibles.
Le Japon est une démocratie, tout comme les pays d'Europe.
Quelles sont les différences dans la manière de mener
les élections? La première et la plus évidente
ce sont les (senkyo
car, parfait exemple d'un mélange de japonais et d'anglais
signifiant "voiture d'élection"). Les senkyo car
dont vous voyez un exemplaire neutre (image provenant d'un catalogue
de matériel d'élection), sont des camionettes ou des
voitures portant sur leur toit le nom du candidat et un puissant
système sonore, car une élection semble se gagner
au mégaphone (j'exagère, lisez la suite...).
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Le
matin du premier jour réglementaire, à l'heure
réglementaire (on est au Japon, la manière de
procéder et ce qui est permis ou non, tout est fixé dans
la loi), la voiture, portant le nom du candidat part, menée
par un équipage aux couleurs du parti du candidat.
L'équipage, outre un conducteur lympathique (c'est
le mieux, il faut rouler lentement), embarque quelques jeunes
(pas toujours, les cosmétiques font des miracles)
femmes sélectionnées pour leur voix perçante.
Elle se relaient au micro pour proclamer les slogans
du candidat.
Les slogans sont d'une vacuité rare "Je suis
Monsieur ......, bonne journée, votez pour moi!"
ou encore "Je suis Monsieur ......, je vous remercie
tous d'avoir participé à mon éducation
dans cette ville, du fond du coeur je vous demande humblement
de voter pour moi". Ce n'est en général
pas le candidat lui même qui prend le micro, même
s'il le fait quelques fois. Remarquez les gants blancs.
Tout en parcourant la ville, l'équipage de la voiture
salue tout le monde, de gracieux petits mouvements de gant
blanc (y compris quand il n'y a personne pour regarder).
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Mis à part
les senkyo car, d'autres moyens sont mis en oeuvre pour solliciter
la bonne volonté de l'électeur:
- l'affichage, il se fait uniquement aux emplacements prévus
avec des affiches des formats autorisés. Sur l'image
ci-jointe on constate que le candidat a l'emplacement numéro
1. Pas question d'affichage sauvage, de recouvrir les affiches
des autres, etc. pas de désordre.
- le téléphone. Sans doute le moyen le plus grotesque.
Le téléphone sonne, on répond et avant même
que l'on puisse dire quelque chose, une voix en général
féminine nous dit "merci de voter pour M. ......."
et la communication est ensuite coupée. Moi ça
m'inciterait plutôt à ne pas voter pour ce candidat
là.
- les visites à domicile. Le candidat ou une personne
de son équipe électorale, ayant si possible une
relation (familiale, professionnelle, etc.) avec les habitants
de la maison, vient sonner à la porte. Il discute quelques
minutes et laisse la carte de visite du candidat. |
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Tout au long de l'élection,
le candidat et son équipe se tiennent au quartier
général du candidat. Dans une petite ville comme
ici, c'est souvent son domicile. Le voisin d'en face se
présentant (pour la sixième fois),
je peux profiter du rituel tous les matins. Après
un discours de quelques personnalités, le candidat
prend à son tour la parole pour exhorter ses troupes
(il a la même voix que les acteurs des films de samouraï),
puis les équipes des senkyo car prennent place, une
des jeunes femmes crie au mégaphone (version de mon
voisin d'en face) "genkisa ippai de itte mairimasu"
qu'on pourrait traduire par "on y va pleins d'énergie".
Et c'est parti pour la journée.
Mis à part çà, le théeme des élections,
s'il occupe une partie des journaux, semble plutôt
absent de la télévision. La plupart des gens
à qui j'ai posé la question ont indiqué aller
voter mais ne pas avoir un intérêt particulier
pour la politique.
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Conclusion: peu de différences sur le fond, mais beaucoup
sur la forme. Le bruit ne semble pas déranger les Japonais,
par contre le désordre (affichage sauvage) semble être
proscrit. En matière de politique, l'éternelle question
demeure : tous ces sympathiques politiciens ont-ils des têtes
de vampire parce qu'ils font de la politique, ou font-ils de la
politique parce qu'ils ont des têtes de vampires ?
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